Semaine de prière pour l'unité des chrétiens
En mars 1894 Léon Dehon, Fondateur des Prêtres du Sacré-Coeur de Jésus, rend compte dans sa revue «Le Règne du Cœur de Jésus dans les âmes et dans les sociétés» d’une rencontre du Parlement des religions à Chicago en 1893. Il écrit:
C’était un fait bien curieux et tout américain que cette réunion amicale des représentants de toutes les religions : catholiques, protestants de toutes nuances, juifs, bouddhistes, etc. La place d’honneur fut déférée au cardinal Gibbons. Il était convenu qu’on ne discuterait pas, c’était prudent. Chacun exposa avec courtoisie ses croyances personnelles.
Quatre mille personnes étaient là, de toute race et de toute couleur. Le cardinal prononça la prière choisie d’un commun accord pour inaugurer la réunion : l’Oraison dominicale (le Notre Père).
L’exposition des différentes doctrines a duré dix-sept jours. C’était vraiment un beau spectacle de voir d’abord un des hauts fonctionnaires de l’instruction publique dégager avec Platon et Aristote du spectacle du monde et de la raison humaine l’idée de l’être infini et parfait. Puis sur cette base rationnelle s’éleva peu à peu l’édifice de la religion révélée.
Juifs, protestants et catholiques, reconnaissant ensemble l’autorité de l’Ancien Testament, proclamèrent leur foi en Dieu créateur et rémunérateur et attestèrent l’unité du genre humain.
Ensuite les protestants et les catholiques encore unis ont continué l’édifice en établissant l’autorité de l’Evangile et la divinité du Christ. Enfin les catholiques laissés seuls ont élevé l’édifice jusqu’au faîte en affirmant l’autorité et la divinité de leur Eglise.
C’est par ses œuvres surtout, par les œuvres de charité que l’Eglise catholique peut à bon droit revendiquer le premier rang.
Au moment où le Congrès allait se clore, les huit mille assistants réunis chantèrent l’hymne composé par le cardinal Newman : « Guide-moi, bienfaisante Lumière ». Et Mgr Keane a convié tout son religieux auditoire à l’union en disant : « Venez tous au Calvaire vous purifier dans le sang de la rédemption. Nous ne vous demandons pas de sacrifier ce que vous aimez, mais nous voulons l’accroître jusqu’à la plénitude. Le Christ dit à tous : Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez plus abondante. Et la vieille Eglise se tourne vers ses enfants bienaimés et douloureusement séparés et leur dit : N’est-il pas temps de nous unir enfin ! Regardez en arrière, au bon vieux temps, alors que nous ne faisions qu’un, alors que le bon Jésus gouvernait une chrétienté unie... Amis, ne prierez-vous pas avec nous pour l’union, pour l’unité ? S’il ne valait pas mieux d’être unis que divisés, Notre-Seigneur n’aurait pas prié pour que nous soyons un comme son Père et lui. Que les barrières de la séparation tombent donc et le Christ règne à jamais ! »
Fiat ! Amen !


