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Les Couronnes d'amour au Sacré-Coeur et la pensée contemporaine

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Les Couronnes d'amour au Sacré-Coeur et la pensée contemporaine

Pour actualiser la lecture des Couronnes d’amour au Sacré-Cœur que le Père Léon-Jean Dehon a publiées en 1905 et qui résument bien comment il conçoit la dévotion au Sacré-Coeur, le Système nouveau de la Pensée qu’est le Diaphorisme transcendantal, présenté dans La Transcendance offusquée de Maxence Caron pourrait être une aide précieuse.

 

Le Père Dehon a développé dans ses méditations des mystères du Christ toute une dynamique qui est explicitée par cette nouvelle pensée qu’est le maxencéisme. Cette pensée part de la Différence fondamentale, dont elle tient compte et qui lui a donné le nom de « Diaphorisme transcendantal », dérivé de « diaphora » qui en grec signifie « différence » et de « trancendantal » qui précise que la Différence fondamentale franchit (transcende) librement la Transcendance de sa Différence pour rejoindre la création et l’homme. Autrement dit, la Différence fondamentale est « paradidonodiaphore », c’est-à-dire elle transmet (paradidono) la différence (diaphora) à l’être d’homme. Cette « métadiaphore », ce passage (méta) de la différence à l’homme, fait de celui-ci un être de pensée, un être réflexif, qui manifeste en lui-même la différence radicale au sein de laquelle il est tenu. Et par conséquent, lorsque la pensée se regarde penser, elle se rend compte que c’est par le franchissement de la Différence - par la décision amoureuse qui provient de la Transcendance - que tout existe. Le monde est ainsi, non pas renvoyé à lui-même, mais à la Différence fondamentale, qui en est le Principe et dont la libre résolution absolue crée l’univers et le décide.

 

Penser la réflexivité de l’être d’homme, c’est la nouvelle tâche de la philosophie. On remarquera si on regarde la pensée penser qu’à la conscience s’ouvre un champ antéréel (avant le monde) qui rend possible la connaissance de ce monde et en même temps manifeste le franchissement de la Transcendance. Maxence Caron appelle cette dimension de l'âme connaissante la "panoranoèse", ce champ ouvert où tout, le monde et le sujet, peut se présenter au regard pour être connu. L'être réflexif de l'homme est ainsi panoranoétique, et cette panoranoèse fait aussi comprendre le franchissement librement décidé par la Transcendance qui est ainsi eïkautopoïète, c’est-à-dire qui crée (poïète) l’homme à Son image (eïkauto). 

 

Pour référer à l’eïkautopoïème, l'homme créé à l’image de la Différence fondamentale qu’est le Dieu-Trinité, Maxence Caron emploie l’expression pré-Incarnation de Dieu dans le monde. Cette pré-Incarnation, l’Incarnation de Jésus-Christ la rappelle à tout homme qui l’aurait oubliée et redonne ainsi à l’image créée une nouvelle ressemblance avec son Créateur. C'est le sens de l'Incarnation divine. Et Maxence Caron d'expliciter:   

 

« L’Incarnation manifeste ainsi l’antéréalité de la pré-Incarnation et en consomme le sens paradidonodiaphorique. Ainsi, le Christ révèle la révélation inscrite au cœur de l’homme. Il est le Principe rendant manifeste toute dimension de la Différence fondamentale et de son franchissement, il est la présence de l’Inaccessible, il est le Transcendant et la proximité : l’écouter et le suivre, s’incorporer à sa propre incorporation, devenir son incarnation, c’est entrer tout entier dans la dimension de l’âme et s’ouvrir à la connaissance de l’Objet absolu, à cette connaissance même qui ne peut par définition avoir lieu (…) qu’à partir de la décision même de Celui qui infiniment nous dépasse et que l’on veut connaître. » (171) 

 

 Voici un extrait de La Transcendance offusquée qui pourrait figurer en exergue d’une nouvelle édition des Couronnes d’amour au Sacré-Cœur du Père Dehon. Remarquons que Maxence Caron suit aussi la dynamique Incarnation, Passion, Eucharistie, même si ailleurs dans son texte il mentionne Incarnation, Passion, Résurrection.    

 

« C’est en s’abandonnant au Principe qui est entièrement présent dans la réelle présence pleinement diaphorique de Jésus le Christ, homme et Principe, que l’âme, s’incorporant à l’Incarnation du Principe en Métadiaphora, est maintenue dans cette capacité à séjourner dans cette dimension panoranoético-diaphorique d’elle-même qui, établie, comme image de Dieu, lui permet de recevoir la ressemblance antéréelle du Père : celui qui s’unit pleinement à l’Incarnation, à la grâce métadiaphorique et à l’amour paradidonodiaphorique transmis dont l’infinité est transmise dans l’Incarnation et la Passion, celui qui reçoit donc la Présence de l’antéréalité réalisée dans l’Incarnation et dans ce que le Principe comme Verbe Incarné a laissé à l’homme pour qu’il s’unisse à son unité, à sa parenté, celui qui reçoit, tous plénitudes diaphoriques, les commandements de l’éthique seule absolue dont la parole est inscrite dans l’Agapê principale, et la présence de Dieu réalisée dans les espèces transsubstantiées du pain et du vin qui sont Corps et Sang archodiaphoriques, celui-là est maintenu dans l’image du Principe qui est en lui afin d’être élevé à la ressemblance de Dieu : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui », dit la Vérité (Jn VI, 56) ; « Celui qui garde mes commandements, c’est celui-là qui m’aime ; si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera, et le Père et moi viendrons chez lui faire notre demeure » (Jn XIV, 23) : la Trinité viendra établir Sa ressemblance dans Son image. » (p. 173)

 


 

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