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Méditation par le P. Théo Klein SCJ sur la couronne de l'Avent

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Méditation par le P. Théo Klein SCJ sur la couronne de l'Avent

 

 

Découvrir la manifestation de Dieu

dans notre monde par le chiffre quatre

 

 

Le temps de l’Avent compte quatre dimanches avant Noël. Historiquement, l’Avent avait surtout pour but de tourner la prière et les cœurs vers « les fins dernières », autrement dit vers le retour du Christ, que les chrétiens attendent. Aujourd’hui encore l’Avent comporte deux aspects : méditer le retour du Christ (les deux premières semaines) et ensuite, préparer le cœur à célébrer Noël (du 18 au 24 décembre). Cette préparation est plus centrée sur la fête même de Noël avec la lecture des évangiles qui précèdent la naissance du Christ et les divers événements : l’annonce de la naissance de Jésus par le Baptiste ; l’annonce à la Vierge Marie, à saint Joseph, la nativité de saint Jean-Baptiste. Le temps de l’Avent prépare donc la venue de Dieu dans notre monde. 

Selon le rite catholique, on bénit la couronne de l’Avent. Les quatre cierges sur la couronne de l’Avent expriment la manifestation de Dieu au monde. Le chiffre quatre exprime la plénitude. Le temps de l’Avent nous invite à découvrir la mystique du chiffre quatre. Finalement par le chiffre quatre l’immanence devient transparente pour la transcendance de Dieu, pour la plénitude de Dieu.  

La couronne de l’Avent est un signe qui exprime notre préparation de l’accueil de la venue et la manifestation de Dieu au monde. La couronne de l’Avent, ou plus exactement les quatre bougies représentent les quatre semaines avant Noël. On allume les bougies les quatre dimanches avant Noël. Ces bougies symbolisent les grandes étapes du salut avant la venue du Messie. 

La première bougie est allumée le premier dimanche de l’Avent ( Avent et avant sont deux mots à étymologies différentes). Elle est le symbole du pardon accordé à Adam et à Ève. La deuxième bougie est le symbole de la foi d’Abraham et des patriarches qui croient au don de la terre promise. La troisième bougie est le symbole de la joie de David dont la lignée ne s’arrête pas. Elle témoigne de l’alliance de Dieu avec l’humanité. La quatrième est le symbole de l’enseignement des prophètes qui annoncent un règne de justice et de paix.

Actuellement pour la messe dans les églises catholiques, on allume progressivement les quatre bougies, mais le symbolisme des étapes du salut est rarement exprimé. Dans les Églises orthodoxes se trouvent parfois des couronnes avec six cierges, à cause d’une durée plus longue du temps de l’Avent. 

La couronne de l’Avent est faite de branchages de pin, arbre toujours vert, pour signifier la vie. Elle est nouée par un ruban rouge, et ornée de pommes de pins. Les couronnes sont un ancien symbole aux significations multiples. Les couronnes rondes évoquent le soleil et annoncent son retour. Elles rappellent aussi que le temps des fêtes nous revient chaque année. Elles symbolisent aussi que Jésus va revenir, que le temps de l’Avent n’est donc pas seulement l’attente avant Noël, mais aussi bien l’attente du Retour du Christ.

La couronne de l’Avent peut être placée sur une table ou fixée sur la porte d’entrée de la maison en signe de la bienvenue ou encore attachée à la fenêtre. Il semble que les premières couronnes soient apparues au nord de l’Allemagne au 16ièmesiècle, pour préparer la fête de Noël qui allait venir dans quatre semaines. En Suède elle est réservée pour la Sainte Lucie, le 13 décembre.

Sur la couronne de l’Avent, on place 4 bougies. Chaque dimanche du temps de l’Avent on en allume une de plus. Plus la fête approche, plus il y a de la lumière. Les quatre bougies allumées sont le symbole de la lumière de Noël qui approche et qui apporte l’espoir et la paix. Les quatre semaines de l’Avent sont aussi une période de la pénitence ou l’attente sans lumière.

Il existe des interprétations différentes quant à la symbolique de la couronne de l’Avent. On pense volontiers au monde et aux quatre points cardinaux. Le cercle symbolise également l’éternité donnée à la vie par la résurrection, par lui-même la couleur verte symbolise la vie, les cierges la lumière qui vient et éclairera le monde dans la nuit de Noël.

Dans la tradition chrétienne, la couronne, symbole de la Royauté et du Martyre, évoque le Messie-Roi. Le vert des rameaux évoque la naissance attendue de Jésus-Christ, l’enfant la naissance attendue de Jésus-Christ, l’enfant de la crèche. Cette naissance symbolise pour les chrétiens le renouveau de la terre entière. Quant aux quatre dimanches de préparation à Noël, ils font écho aux textes lus pendant les célébrations et ont chacun un symbolisme précis dans la tradition catholique. La première bougie invite alors à veiller dans l’attente du Messie, la seconde fait entendre la voix de Jean-Baptiste qui crie dans le désert, la troisième incite à la joie, car le Seigneur est proche, la quatrième annonce les événements juste avant la naissance du Christ. Quant aux flammes des bougies, elles symbolisent l’Espérance, l’une des trois vertus théologales des chrétiens.

On allume toujours la quatrième bougie le dimanche précédant le 25 décembre, même si Noël tombe un dimanche, contrairement à la vieille tradition de l’Église latine, où la quatrième semaine de l’Avent peut être incomplète.

Lorsque tombe l’hiver et que les jours se font courts, le temps de l’Avent apporte cette sereine et discrète lumière qui déjà annonce la joie de Noël. La coutume de dresser une couronne de l’Avent – quatre cierges sur un cercle de rameaux verts – est une belle évocation de ce mystère de l’Avent. Allumer une bougie chaque dimanche de l’Avent, est l’occasion d’un temps de prière. La couronne de l’Avent peut en effet nous dire quelque chose de ce temps précédant Noël.

La couronne de l’Avent fait rappel à la couronne de Jésus : antique symbole de victoire et de gloire, elle évoque le « Messie-Roi » attendu par Israël et annoncé par les prophètes, celui évoqué par une antienne du 22 décembre tirée du psaume 23 : « Portes, levez vos frontons, qu’il entre le roi de gloire ! », une royauté qui bouleversera nos représentations habituelles, puisqu’elle se manifestera dans l’abaissement de la crèche.

La couronne de l’Avent est composée de rameaux verts : ils indiquent le renouveau attendu de l’enfant de la crèche. À ce monde qui fait inéluctablement l’expérience de la finitude, de la déchéance et de la mort, l’Avent fait entendre la promesse d’une naissance inouïe : « Voici que la vierge concevra, elle enfantera un fils et on l’appellera Emmanuel », c’est-à-dire : Dieu avec nous : « Si le Créateur en personne n’était descendu vers la créature pour s’unir à elle, ramenant, par la naissance, l’humanité vieilli à un nouveau commencement, la mort régnerait depuis Adam jusqu’à la fin… » écrit le pape Saint Léon le Grand (+461) : « Quand Dieu se fait homme, paraît un moment nouveau » chant de l’office au 1 janvier. 

Les quatre bougies symbolisent les quatre dimanches pour préparer Noël : le premier invite à veiller dans l’attente du Seigneur, le second fait entendre la voix de Jean-Baptiste qui incite à « préparer les chemins du Seigneur », le troisième appelle à la joie car « le Seigneur est proche », le quatrième annonce les événements qui précèdent immédiatement la naissance du Christ.

La flamme des bougies représente la lumière des prophètes qui au long de l’histoire, illuminèrent la nuit du peuple de Dieu dans l’attente de la « lumière véritable » (Jean 1,9). C’est aussi un signe d’espérance du chrétien et de sa vigilance dans l’attente de la venue du Christ celle de Noël, mais aussi celle, définitive de la fin des temps. Pour Saint-Basile (+379) « le chrétien est celui qui reste vigilant chaque jour et chaque heure, sachant que le Seigneur vient ». La couronne de l’Avent qui décore nos églises et nos maisons, nous aide à décorer nos cœurs durant cette préparation de Noël ! 

Les quatre cierges du temps de l’Avent nous montrent la révélation de Dieu dans notre monde où le chiffre 4 joue un rôle important. :

-       Le chiffre 4, dans la Bible, symbolise le cosmos, le monde, vu qu’il existe 4 points cardinaux. Aussi, quand on lit que 4 fleuves arrosaient le jardin d’Éden, cela signifie qu’avant le péché d’Adam et d’Ève, tout le cosmos était un paradis. Autrement dit, il ne s’agit pas ici d’un endroit déterminé, comme le pensent certains qui continuent à chercher l’Éden quelque part en Orient. Et quand Ézéchiel demande à l’Esprit de venir des 4 vents pour souffler sur les ossements desséchés, cela ne signifie pas qu’il n’existe que 4 vents, mais qu’il fait appel à tous les vents du monde entier. De même, lorsque l’auteur de l’Apocalypse parle du trône de Dieu, entouré de 4 vivants, il veut dire que Dieu domine le monde et que la terre tout entière est son trône. Le chiffre 4 est donc le chiffre universel, qui exprime la manifestation de Dieu dans ce monde. L’autel des sacrifices avait 4 côtés. Cet autel parlait par avance du sacrifice rédempteur du Christ valable pour tous. Quatre côtés, c’est un pour chacun des quatre points cardinaux.

-       Nous avons 4 Évangiles, 4 saisons.

-       4 jours de Lazare au tombeau (Jn 11,17).

-       4 couleurs des chevaux de l’Apocalypse et les 4 chevaliers qui apportent les 4 fléaux majeurs (Ap 6,2-8).

-       Le 4 anges destructeurs debout aux quatre coins de la terre (Ap 7,1).

-       Les 4 murailles de la Jérusalem céleste (Ap 21,16).

-       Les 4 animaux saints – êtres vivants – devant le trône de Dieu (Ap 4,7-8).

-       Les Juifs connaissant 4 archanges pour gouverner l’ensemble du monde angélique.

-       Les 4 êtres vivants – animaux de la vision d’Ézéchiel (Ez 1,5).

-       Les 4 camps des douze tribus d’Israël (Nb 2).

-       Dieu appellera l’enfant Samuel 4 fois (1 S 3,1-11).

-       Les 4 chars de Zacharie (Za 6,1).

-       Les 4 fleuves du Paradis (Gen 2,10-11 ; Coran 157,15).

Dans la bible le chiffre 4 est un symbole pour la plénitude de l’homme. Platon parle des 4 vertus cardinales. Par le chiffre 4 nous découvrons l’harmonie et l’ordre dans notre monde et dans notre vie. Là où il y a de l’harmonie il y a la paix. La paix est un fruit de l’Esprit Saint. Nous nous rappelons les fruits de l’Esprit : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi » (Gal 5,22). 

Pendant le temps de l’Avent et de Noël nous sommes sensibles pour la paix – fruit de l’esprit – qui est la paix du cœur. Il s’agit donc « d’une manière d’être habituelle, l’état d’âme et le mode de vie de celui qui, à force de vigilance et d’attention, finit par atteindre une certaine paix intérieure ». (Raniero Cantalamessa) 

Les chrétiens sont invités à rechercher la paix intérieure selon la tradition spirituelle de l’Église. Pour les Pères de l’Église, « la recherche de la paix intérieure se traduit dans l’idéal de la tranquillité ; pas une tranquillité vide et constituant une fin en soi, mais une tranquillité pleine, semblable à celle des bienheureux, une manière de commencer à vivre ici-bas l’état des bienheureux dans le ciel ; qui passe par une contemplative. Mais il y a aussi des chemins accessibles à ceux qui ont une vie active. Saint Augustin dit : « La paix intérieure dépend de notre adhésion à la volonté de Dieu. » Le message des anges aux bergers lors de la naissance de Jésus est la paix. « Paix sur la terre aux hommes, que Dieu aime » (Lc 2,14). Cette bienveillance de Dieu est « offerte à tous sans exception. » 

La paix est un devoir et un engagement à accomplir. « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés Fils de Dieu. » Les artisans de paix sont les personnes qui œuvrent pour la paix, qui aident des ennemis à se réconcilier et qui font, eux-mêmes, le premier pas pour se réconcilier. Le père R. Cantalamessa développe sa pensée selon trois axes :

Le premier aspect est consacré à une comparaison approfondie entre la paix de Jésus et celle de César Auguste. La différence est fondamentale : « La paix de Jésus, comme celle de César, est ‘une paix, fruit de victoires’, mais chez Jésus il s’agit de victoires sur soi et non sur les autres, des victoires spirituelles, et non militaires. La situation du monde actuel réclame que l’on change la méthode d’Auguste par celle du Christ. Il existe une piste très simple pour devenir artisan de paix : « prier pour la paix, car ‘quand il n’est plus possible d’agir sur les « causes secondes », nous pouvons toujours, par la prière, agir sur la cause première. »

Le second aspect développé concerne la paix entre les religions, « un nouveau champ de travail, difficile et urgent ». Différentes raisons permettent d’envisager un « dialogue interreligieux loyal » : la première réponse sur le fait que nous avons tous un seul Dieu, la deuxième, d’ordre théologique, s’appuie sur notre foi en l’Esprit Saint, car ce dernier « est le lieu de paix qui unit entre eux les baptisés des différentes confessions chrétiennes ; de plus, comme Esprit créateur, il est un lieu de paix entre les croyants de tourtes les religions, entre tous les hommes de bonne volonté. »

Le dernier aspect concerne l’action pour la paix proprement dite. Il faut penser à la paix mondiale, mais agir pour la paix au niveau local. Nous devons travailler à gommer les « divisions qui existent souvent entre les membres de notre Église catholique, à cause de traditions, tendances ou rites différents. Saint Augustin : « Il existe deux cités dans le monde : la cité de Satan appelée Babylone, et la cité de Dieu, appelée Jérusalem. L’une est construite sur l’amour de soi, l’autre de Dieu. Toute initiative est « Babel » si l’on s’en sert pour se faire un nom ; elle est Pentecôte, si, en dépit du sentiment naturel de réussir et de recevoir une approbation, on rectifie constamment sa propre intention, en plaçant la gloire de Dieu et le bien de l’Église au-dessus de tous ses désirs personnels. 

Préparons avec générosité et joie le chemin du Seigneur ! Que la devise de St Augustin se réalise : « Dans les choses nécessaires, l’unité ; dans les choses douteuses, la liberté ; mais en toute choses la charité. »

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