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Message du Supérieur Général pour Noël 2018

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Crèche sculptée par le Père Marcel Denis SCJ (1908-1978) Crèche sculptée par le Père Marcel Denis SCJ (1908-1978)

 

Asten, le 6 décembre 2018

 

A tous les membres de la Famille dehonienne 

 

 

Lettre de Noël 2018

Retourner à Bethléem

 

 

 

 

Chers confrères

et tous les membres

de la Famille Dehonienne,

 

 

Cette période de l’année nous parle de chemins. La voix des prophètes nous invite à réparer les chemins endommagés et à en construire des nouveaux pour continuer à donner une direction à notre vie. Et la voix de l'Evangile de ces jours-ci nous parle de marcheurs plus que de chemins : un jeune couple de Nazareth, des sages venus de loin et un groupe de bergers surpris pendant leur travail. Ils marchaient tous. Aucun d'entre eux ne marchait seul.

Pour beaucoup de personnes, Marie et Joseph ne font que leur devoir, mais ils s’étaient déjà mis sur un chemin passionnant. Ils étaient accompagnés par la foi et la solidarité intime qui les unissaient et, surtout, par la bienveillance de Dieu. Les bergers, de leur part, se sentant invités et témoins du Berger qui agit pour le bien de son peuple, ont vaincu leurs peurs et ont marché dans la nuit. Ils étaient accompagnés de la joie partagée d'une journée différente qui commençait cette même nuit devant leurs yeux grands ouverts. Les autres, les plus éloignés, étaient des étrangers, mais surtout des sages, car ils savaient bien que pour atteindre le but il faut discerner et se laisser guider. Aucun de ces marcheurs n'a été déçu. La rencontre avec Jésus a illuminé leurs visages et leurs cultures. Personne ne se sentait étranger et personne ne pensait que les autres l'étaient. Le seul qui est resté éloigné de tout cela, était Hérode. Lui-même, il voulait être éloigné et exclus. Il ne voulait pas sortir de lui-même, et moins encore voulait-il se mettre en chemin et marcher avec les autres. Il est resté prisonnier de son pouvoir. Tous les autres ont pu entrer à Bethléem. Ce sont eux, les simples, ceux qui se laissent surprendre, ceux qui n'ont aucune ambition de pouvoir ou de prestige, les inquiets, ceux qui cherchent la vérité, ceux qui continuent à nous apprendre la voie à suivre et comment le faire.

Cette année, la voix du XXIVe Chapitre Général que nous avons célébré nous invite à poursuivre notre chemin ensemble, en grandissant dans la culture synodale. Il s'agit de marcher à la lumière de l'Esprit, faisant chaque jour et dans tout ce que nous faisons plus de place pour la Bonne Nouvelle qui nous vient de Jésus. C'est d'ici, de Lui, que notre chemin prend vie et goût : « Son Chemin est notre chemin » (Cst. 12). C'est l'héritage vivant que le P. Dehon nous a laissé. Nous devons l'accueillir, le vivre et partager. 

C’est exactement dans ce mois de décembre que le P. Dehon se préparait à célébrer son premier Noël comme prêtre. Son ministère au sein de l'Église était un apprentissage continu à marcher avec et pour les autres. Si c'était ça le cas, c'est parce qu'il a bien appris le chemin vers Bethléem.

En contemplant encore une fois ce qui s'y passait, la vie de notre Fondateur a été encouragée. Bethléem, la Sainte Nuit de Noël, a été son point de départ. C'est là qu'il a appris à demeurer et à marcher en Dieu pour sortir de lui-même et aller à la rencontre des autres, en dirigeant le chemin vers la rencontre et l’accompagnement de ceux qui ont le plus besoin d'attention et de soins, y inclus les jeunes, sans oublier de se mettre à la recherche de nouveaux horizons : « Où faut-il aller? Je suis prêt : “Ecce venio!”. Faut-il aller à Bethléem, à Nazareth, en Égypte, en Galilée? “Ecce venio!”». (CAM 1/63).

Il est temps de retourner à Bethléem, d'entrer à Bethléem. Ne restons pas dehors, étrangers, seuls, parce qu'à Bethléem nous trouverons toujours proximité et tendresse, réparation et encouragement pour continuer à avancer vers les étapes qui viendront. Bethléem est un témoignage vivant et une mission partagée. « […] Que le monde de notre temps qui cherche, tantôt dans l’angoisse, tantôt dans l’espérance, puisse recevoir la Bonne Nouvelle, non d’évangélisateurs tristes et découragés, impatients ou anxieux, mais de ministres de l’Évangile dont la vie rayonne de ferveur, qui ont les premiers reçu en eux la joie du Christ »[1].

Nous vous souhaitons un joyeux Noël et une nouvelle année pleine d'espérance et de générosité pour continuer votre chemin ensemble et attentifs au présent que Dieu a conçu pour nous tous.

In Corde Iesu,

 

 

P. Carlos Luis Súarez Codorniú, scj

Supérieur général

et son Conseil



[1]Paul VI, Evangelii nuntiandi, 80 (cité par Pape Francois dans Evangelii gaudium, 10).

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