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Im Memoriam P. Camille Ferber et P. Albert Huberty

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Im Memoriam P. Camille Ferber et P. Albert Huberty

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

P. Camille Ferber SCJ, décédé le 8 août 2013, à Ettelbrück (Luxembourg)

né le 22 mai 1921

première profession religieuse, le 24 septembre 1943

ordination sacerdotale, le 11 juillet 1948

 

 

In memoriam Pater Camille Ferber SCJ

Wenn man einen erwachsenen  Baum  nach einer Reihe von Jahren aus der Erde herausbaggert und  20 Km weiter in einen groβen Park verpflanzt,  wird er entweder in einigen Monaten sterben, oder er passt sich nach einem halben Jahr der neuen Umgebung an: er erholt sich von diesem Schock,  trägt wieder neue Blätter, neue Früchte und wächst  friedlich und zufrieden weiter.

Pater Camille Ferber erging es wie diesem zweiten Baum. 56 Jahre lebte er gesund und munter im Kloster von Clairefontaine, bis er dann plötzlich mit 88 Jahren in eine neue, unbekannte Umgebung verpflanzt wurde, in eine ihm ganz unbekannte Welt. Im Dezember 2009 musste er, krankheitshalber, Neuland betreten: das Altenheim St François der Franziskanerinnen in Redingen. Sechs Monate kämpfte er mit sich selbst in der neuen Umgebung, mit einem ungewohnten Tagesprogramm, mit dem Abhängigsein vom Personal und den ihm fremden Pensionären, und dies bis es ihn wie eine Erleuchtung überfiel: “ech behalen mäi Wert als Mënsch an als Pater, och wann ech nët méi brauch ze schaffen”. Er versöhnte sich mit der neuen Heimat, und wurde wieder ein zufriedener Mensch. Seine Zeit erfüllte er mit Gebet und Lektüre. Für seine Lektüre suchte er überall nach Büchern über die Luxemburger Geschichte, hauptsächlich über die Rundstedtoffensive. Er wusste Bescheid über die Zahl der Pferde und der Kühe, die von den deutschen Soldaten  in diesem oder jenem Öslinger Dorf mitgenommen wurden, über die Familien, die luxemburgische Deserteure versteckt hatten usw.

Pater Ferber wurde wieder der Mensch, der er seit seinem Eintritt ins Kloster wurde und schon immer war. Schon uns jungen Ordensleuten fiel Pater Ferber als guter, feinfühliger Mensch auf. Das war in den 50ger Jahren. 

1948  in Leuwen zum Priester geweiht, wurde er 1950 Oekonom in unserer Schule in Profondeville, kam dann 1953 nach Clairefontaine, wo er verschiedene Ämter ausübte: Ökonom, Lehrer, Rektor, und  Pfarrer in verschiedenen Pfarreien: Tüntingen, Saeul, Greisch...  Hauptsächlich war er aber  als Lehrer in unserer Schule tätig. Einmal im Jahr fand ein Fuβballtreffen zwischen

Patres und Schülern statt. Stellen Sie sich vor: die Patres mussten damals noch in Soutane spielen; das 2. Vatikanische Konzil lag noch in weiter Ferne. Sei es wegen seiner Körpergröße oder wegen seiner Stärke, Pater Camille  schoss den Ball am weitesten und erzielte die meisten Tore.  Damit sammelte er bei den Schülern Pluspunkte. Welche “Partei” stets gewonnen hat? Ich verrate es euch nicht. In allen Schulen ist es Sitte, dass  die Schüler den Professoren einen Spitznamen geben,   so auch in Clairefontaine. Auch Pater Camille wurde davon nicht verschont. Die damaligen Schüler kennen diesen Namen noch. Nein! Ich verrate ihn nicht.

Mit den “67ger Jahren”, den Streiksjahren,  kam eine schwierige Zeit auf ihn zu. Es war die Zeit seines Rektorates. In vielen Schulen wurde gestreikt. Folglich mussten die Clairefontainer Schüler  dies  den andern Schulen in Frankreich und in Luxemburg nachahmen.  Die drei oberen Klassen traten in Streik, weil es einfach Mode war, zu streiken. Feinfühlig wie Pater Camille war, nahm er  diesen unverhofften Streik als eine Provokation gegen ihn selbst auf. Was gar nicht der Fall war. Pater Ferber hat sehr darunter gelitten.

Sein Apostolat in den Pfarreien war für ihn heilig. Seine Frömmigkeit und seine Jovialität fanden bei den Leuten Anklang. Ich möchte  einige Zeilen einer “Beileidskarte” (anonym) erwähnen: du Père Ferber, “nous gardons en mémoire le souvenir d’une modestie remarquable, et surtout d’un homme d’une grande bonté  et d’une gentillesse qui nous a toujours touchés.”

Als er vor einigen Jahren auf der Fahrt zu seiner Pfarrei Saeul durch Unwohlsein einen Autounfall hatte, also wegen seines Alters nicht mehr so sicher im Autofahren war, nahm er ohne Widerspruch gelassen an, dass ihm das Autofahren untersagt wurde.

Und als Pater Camille im Sommer 2013 spürte, dass die Zeit seines Todes heranrückte, nahm er auch diesen letzten Weg gelassen an und bemühte sich sogar noch,  so gut es ging, einen kleinen  Teil seines Breviers zu beten.

Am 8. August 2013 starb er im Alter von 92 Jahren. Einige Pensionäre sagten am Abend seines Todestages: “ët war e gudde Pater”. Diese 5 Worte sind das Resumee seines Lebens als Herz-Jesu-Priester.

P. Paul Birsens SCJ

 

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P. Albert Huberty SCJ, décédé le 23 décembre 2012 à Redange (Luxembourg)

né le 28 novembre 1921

première profession religieuse, le 24 septembre 1943

ordination sacerdotale, le 9 juillet 1950.

 

 Homélie pour les funérailles du Père Albert Huberty SCJ (1921-2012)

 Nous venons d’entendre l’évangile que le Père Huberty avait choisi pour fêter ses 90 ans, il y a un an, ici dans cette même chapelle. C’est l’évangile du jugement dernier (Mt 25). Ce qui tenait avant tout à cœur au Père Huberty, c’était la phrase finale, un véritable critère de vie chrétienne : « Ce que vous avez fait à un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Le Père Huberty a toujours été un homme proche de ces petits. Il respectait profondément toutes les personnes qu’il rencontrait, aussi et surtout celles que l’on appelle les petites gens, avec lesquelles il avait un très bon contact, ici à Clairefontaine aussi bien que dans ses différents ministères. 

Dans une espèce de testament il notait : « Je voulais être missionnaire : mais je n’ai pas supporté le climat. » C’est vrai, le Père Huberty avait la vocation missionnaire. Et il a de fait passé quatre années en Afrique où il était engagé dans l’enseignement et comme vicaire dominicale à Stanley-Ville-Kisangani. Mais ne supportant pas le climat, il est revenu en Europe, d’abord pour un peu de temps à notre école de Burnot, puis à Clairefontaine où il a finalement passé une soixante d’années, vu qu’il était aussi élève à l’Ecole apostolique de Clairefontaine.

Pour cette école il s’était beaucoup engagé, comme enseignant d’abord – le P. Huberty a été un bon professeur de toute sorte de matière et en particulier des mathématiques. Comme il le disait lui-même, il n’avait pas eu la préparation normale pour cette tâche, mais cela lui permettait de mieux voir les difficultés de ses élèves, et de mieux leur expliquer une matière parfois aride.

Une fois l’école fermée en 1986, le Père Huberty s’est investi dans la pastorale paroissiale. Tous les dimanches et jours de fête, il accompagnait le P. Ferber dans les villages autour de Saeul où il faisait pendant 25 ans du ministère. A Clairefontaine même, le Père Huberty avait aussi trouvé une nouvelle mission : en accord avec sa vocation missionnaire, il s’occupait de l’administration de notre revue « Heimat und Mission ». C’était un grand travail, qui exigeait une persévérance, une patience et une exactitude. Combien de milliers d’adresses il a dû changer ! A combien de courrier il y a dû répondre ! Et souvent ce courrier était aussi un ministère pastoral.

Le Père Huberty avait une bonne santé. Même octogénaire, il entreprenait encore beaucoup de voyage : il aimait voir les trésors culturels et se laissait impressionner par la beauté de la nature. Ses voyages, il les faisait toujours avec des groupes. Et là aussi, il était missionnaire à sa façon. Combien de fois j’ai rencontré des personnes qui m’ont dit : Nous avons participé à tel ou tel voyage, et le P. Huberty était avec nous ; et toujours ils ont apprécié la personnalité du Père, sa discrétion, sa gentillesse, mais aussi ses connaissances et son témoignage de religieux Prêtre du Sacré-Coeur de Clairefontaine.

En communauté à Clairefontaine, le Père Huberty aimait la paix et l’harmonie. Il n’était pas un de ces religieux qui ne croient bons et justes que leurs propres idées et leurs propres réalisations. Au contraire, il savait apprécier le travail et l’engagement des confrères, même si ses commentaires étaient parfois teintés d’un certain pessimisme quant à l’avenir de l’Eglise en Europe. Souvent il revenait sur ce thème qui lui tenait à cœur. Dans ses idées et dans ses engagements pastoraux, il n’était ni conservateur, ni progressiste ; c’étaient les petites gens, les simples fidèles qui jouaient pour lui le rôle essentiel. Et ce qui en théologie s’éloignait de ce « sens des fidèles » ne l’intéressait pas. 

C’était peut-être aussi une dimension de cette phrase de Jésus qui lui était si chère : « Ce que vous avez fait à un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Les derniers mois, les problèmes de santé du Père Huberty ne s’arrangeaient plus. Il a passé beaucoup de temps en clinique, puis il s’est décidé d’aller à aller rejoindre les Pères Ferber et Braun à Redange, dans la maison de retraite des Sœurs  franciscaines. Un grand merci à cette maison et aux religieuses si accueillantes pour nos confrères.

Le Père Huberty avait encore beaucoup de projets : pas question de se retirer dans une chambre neutre, sans rien faire. On lui avait arrangé sa chambre comme il l’entendait. Et même les derniers jours à l’hôpital, il parlait encore de faire peut-être un peu de ministère une fois retourné à la maison de retraite de Redange.

Il y est retourné, mais c’était pour préparer son dernier voyage. « C’est maintenant Lui qui compte » disait-il à son neveu, le chanoine Fernand Huberty, en montrant de son doigt la croix en face de lui.

Oui, le Père Huberty avait confiance dans le Sacré-Coeur de Jésus, mais il ajoutait ces derniers temps, lorsqu’on échangeait sur la foi, que nous devons encore apprendre beaucoup. Et en disant cela une dimension de son être missionnaire se manifestait : nous croyons avoir la vérité, disait-il, mais Dieu est beaucoup plus grand que notre vérité, n’oublions pas les autres religions.

De telles remarques ne sont-elles pas incluses d’une certaine façon dans l’Evangile que nous venons d’entendre (Mt 25). Depuis son incarnation et sa mort, Jésus a élargi pour ainsi dire à l’infini l’espace de Dieu : rien ne peut plus nous séparer de son amour. Le Père Huberty en fera maintenant l’expérience définitive : il nous a quittés, chacun de nous se rappelle de tels ou tels détails de sa vie ou de sa personnalité, ainsi il continue à être présent parmi nous, mais ce n’est pas là la résurrection.

La résurrection, c’est – comme l’a redit notre Fondateur le Père Léon Dehon - la vie avec le Seigneur. Il nous invite à nous jeter dans ses bras, avec une confiance sans bornes. Et lui, le Seigneur, nous ouvre ses bras pour nous accueillir, comme il nous le montre ces jours de Noël, par l’enfant de la crèche, qui ouvrant ses bras propose à tous l’amour et la tendresse de Dieu.

Que le Père Huberty puisse entrer dans cet amour et dans cette joie du Seigneur.

 

P. Jean-Jacques Flammang SCJ