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In Memoriam P. Raphael Poncé SCJ

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P. Raphael Poncé SCJ P. Raphael Poncé SCJ

En mémoire du Père Raphael Poncé (8.11.1931 - 26.08.2015)

Le Père Raphael Poncé est né à Houdrigny près de Virton en Belgique, le 8 novembre 1931. Son père était instituteur à Virton. Ses études secondaires Raphael les fait à l’école apostolique de Clairefontaine des Prêtres du Sacré-Cœur. En 1949 il décide d’entrer au noviciat à Loppem près de Bruges où il fait profession religieuse dans la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur le 17 octobre 1950. Ses études philosophiques et théologiques il les poursuit à Louvain au scolasticat des Prêtres du Sacré-Cœur et auprès des Jésuites. Il est ordonné prêtre, le 14 juillet 1957 à Louvain.

 Après un court interlude à Burnot/Profondeville, le Père Poncé est affecté à la maison de Cinqfontaines au Grand-Duché de Luxembourg où il reste jusquà sa mort, le 26 août 2015.

 Il est donc plus de 50 ans à Cinqfontaines qu’il imprègne de son image. Ce sont deux champs d’action qui l’occupent. D’abord les environs de la maison et son jardin lui demandent toute son attention. Si la maison de Cinqfontaines et ses environs sont si soignés c’est grâce au Père Raphael. A ses obsèques beaucoup ont demandé : « Qui va s’occuper maintenant du jardin et des alentours de la maison ? » Un deuxième champ d’action du Père Poncé était le bureau des bienfaiteurs. Il n’a pas seulement avec Melle Lambert Edmée, il n’a pas seulement cherché de nouveaux bienfaiteurs, mais par ses lettres périodiques il a aussi exercé un vrai ministère pastoral. Il ne s’est jamais servi de l’ordinateur, mais en ce qui concerne l’imprimerie il a toujours cherché à s’améliorer et à moderniser. Il était si bien équipé et si performant que beaucoup de personnes de la région venaient chez lui pour des travaux d’imprimerie.

 Le Père Raphael n’allait que rarement en paroisse, mais il s’intéressait beaucoup à ce qui se passait en pastorale. Si on lui demandait de faire des remplacements en paroisse, surtout pendant les vacances, il célébrait la messe en allemand et se donnait la peine de préparer l’homélie en luxembourgeois.

 La maison de Cinqfontaines a l’honneur d’avoir une partie majeure de l’œuvre sculpturale du Père Marcel Denis. Le Père Raphael connaissait bien cette œuvre et il l’appréciait. Voici ce qu’il en a écrit :

 « Ses principes directeurs peuvent se résumer comme suit : 1. Au départ, choix d’un matériel sincère, naturel (pas simili ou de préfabriqué mécanique) ; 2. S’adapter au matériel, à ses formes naturelle et ses défauts ; ne pas s’imposer un plan détaillé au départ, mais suivre le bon plaisir du bois (nœuds, fentes, torsions naturelles…) ; 3. Rendre le matériel vivant par le mouvement général des formes (tête inclinée, buste penché, dissymétrie des bras…) A première vue, les sculptures du P. Denis manquent de proportion, de finesse : elles sont rudes, originales (ce qui les apparentent un peu à l’art primitif bantou). Mais à la longue, on se familiarise avec ces visages, ces corps pleins de vie, de réalisme brutal parfois, de sincérité, de spontanéité en tout cas, qui font qu’on vibre avec eux parce qu’ils parlent au cœur et ont un message expressif à nous transmettre, chacun à sa manière. Car aucun visage, aucune croix, aucune attitude ne copie l’autre : tout est différents, comme la vie. On pourrait peut-être conclure en disant que le Père Denis a voulu faire passer dans son art l’expérience de sa vie intérieure, à savoir que Dieu, la religion est quelque chose de vivant, nullement sclérosée ou stéréotypée ; l’art sacré est d’abord l’expression toute simple, naturelle et spontanée de notre rencontre avec Dieu, dans sa grandeur et sa proximité. Chacun, à sa manière, peut être l’artisan de cette rencontre personnelle avec Dieu et l’artiste, qui exprime pour les autres la beauté et l’originalité de cette rencontre quotidienne avec le Seigneur et sa création. » (P Poncé R. scj)

 Pour terminer cet hommage au Père Raphael Poncé, je voudrais encore dire un mot sur la crèche qu’il « construisait » chaque année à Cinqfontaines. Dès le début de l’Avent, le Père Raphael se faisait des idées comment réaliser cette année la crèche dans la chapelle de Cinqfontaines. Le Père Denis en avait sculpté plusieurs, mais chaque année, le Père Poncé surprit tout le monde par un autre arrangement, par un nouvel accent qu’il avait su mettre pour exprimer notre foi chrétienne « Et Verbum caro factum est – Et le Verbe s’est fait chair. »

Espérons que cette foi en l’incarnation de Dieu deviendra maintenant vision dans la gloire éternelle du Père.

 P. Edy Ahnen SCJ