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In memoriam Père Armand Henrion SCJ

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In memoriam Père Armand Henrion SCJ

 

 

« Bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Maître. »

Mt 25, 21

 

Entouré de l’affection des siens

 

le Père Armand Henrion SCJ

de la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus

 

s’est endormi dans l’espérance de la résurrection au Centre Hospitalier d'Eich le 9 septembre 2018.

 

Né le 20 février 1932, il a fait sa première profession religieuse dans la congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur, le 17 octobre 1951, et a été ordonné prêtre le 6 juillet 1958.

 

L'eucharistie sera célébrée à l'église de Luxembourg-Sacré-Cœur, mercredi, 12 septembre, à 10.00 heures et sera suivie de l'enterrement au cimetière du couvent de Clairefontaine (Arlon).

 

En font part : 

Le Père Jean-Jacques Flammang SCJ, supérieur provincial des Prêtres du Sacré-Coeur de la Province Europe francophone, et la communauté religieuse de Clairefontaine/Cinqfontaines.

 

Les personnes qui désirent honorer la mémoire du cher défunt pourront le faire par un don pour les Missions des Prêtres du Sacré-Cœur, CCPL LU07 1111 0137 5982 0000, avec la mention « Don P. Armand Henrion ». 

 

Paris et Clairefontaine,le 10 septembre 2018.

 

 

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Funérailles du Père Armand Henrion

 

Nous nous sommes rassemblés ici dans l’église du Sacré-Cœur pour dire un dernier adieu au Père Armand Henrion. Je vous salue tous et vous remercie d’être venus, en particulier M. le chanoine Nico Wenner qui remplace ici l’archevêque. 

Dimanche matin, le Seigneur a rappelé auprès de lui le Père Henrion, âgé de 86 ans, après 67 ans de vie religieuse dans la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur et 60 ans de sacerdoce. Ce 60ejubilée, nous l’avions célébré le 1erjuillet ici dans cette église où le Père Henrion a œuvré pendant 35 ans. C’était une belle fête, oui, une « très belle fête » comme me l’a confié le Père Henrion, et il ajoutait « la dernière ici-bas ». Je remercie cordialement le Père curé Laurent Fackelstein et toute l’équipe paroissiale qui avaient si bien préparé la célébration de ce jubilée. 

 

Le Père Henrion nous a donc quittés deux mois plus tard, après une vie bien remplie, avec ses joies et ses souffrances. Car souffert, le Père Henrion a beaucoup, surtout ces derniers temps où sa santé faible s’est encore affaiblie. Un grand merci à Mme Martins qui s’est pendant de nombreuses années occupé exemplairement de lui. Merci aussi à toutes les autres personnes qui se sont toujours occupées de lui. Merci aux responsables de la Maison de retraite Résidence Belle Vallée où le Père Henrion a pu passer, bien encadré, ses dernières années. Et merci aussi pour les soins médicaux et palliatifs dont le Père Henrion a pu profiter ces dernières semaines. 

 

Le temps est maintenant venu de confier notre cher confrère au Seigneur à qui il avait donné toute sa vie lorsqu’il a fait – il y a maintenant 67 ans – ses premiers vœux dans la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur. C’était à Loppem, en Belgique dans le noviciat près de Bruges, où il s’est consacré - pour l’honneur de Dieu - comme une offrande à son amour pour suivre le Christ toute sa vie. Avec la grâce du Sacré-Cœur, il a pu tenir ce qu’il avait promis. Que le Seigneur l’accueille maintenant auprès de lui : « Viens, serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton Maître. »

 

Homélie 

 

 « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

 

Voilà ce que le Seigneur a enseigné à ses disciples le soir avant sa mort. C’est un grand mystère qui nous est ainsi confié : pour arriver dans cette demeure éternelle que le Seigneur nous a préparée, il faut le suivre ; c’est lui le chemin, la vérité, la vie.  

 

L’écouter, essayer de le comprendre, agir dans son sens, selon son Esprit, voir le monde avec ses yeux, et avoir pour tous ceux que nous rencontrons sur le chemin de vie, un sacré cœur comme Lui en a un pour nous, voilà ce qui fait la vérité sur notre être d’homme ; voilà le vrai chemin qui mène à la vie. Le Père Henrion a fait cette expérience. 

 

Le Christ qui l’a rencontré comme enfant et jeune homme lui a montré le chemin, et lui dans une fidélité exemplaire l’a suivi. Au début comme étudiant de philosophie, de théologie et de philologie romane qui le préparaient à son ministère de Prêtre du Sacré-Cœur. Le Seigneur lui avait donné beaucoup de talents et il a pu les mettre en pratique. 

D’abord dans l’école de Burnot, comme professeur et comme éducateur. C’étaient des années précieuses pour lui et surtout pour ses élèves qui se rappellent avec reconnaissance ses cours, mais aussi les nombreuses séances de cinéma qu’il a animées. C’est ainsi par la culture qu’il a rendu les jeunes attentifs au monde et au message évangélique qu’il n’a d’ailleurs jamais imposé, mais toujours proposé comme un chemin de vie, en vivant lui-même une foi profonde au Christ et une fidélité exemplaire à l’Église.

 

Après 24 ans de service auprès des jeunes lycéens en Belgique, le Père Henrion est venu, en 1983, ici à Luxembourg, comme supérieur du Couvent des Prêtres du Sacré-Cœur du boulevard d’Avranches. Pendant des années, ce Couvent accueillait des jeunes à la recherche de ce qui pourrait donner sens à leur vie. Par sa présence discrète et bienveillante, le Père Henrion donnait orientation et conseil. Son premier mandat de supérieur fut toujours renouvelé jusqu’à la fermeture du couvent. C’est alors que le Père Henrion s’est décidé de rester comme vicaire ici dans cette église dédiée au Sacré-Cœur. Son ministère était surtout l’accompagnement personnel des fidèles. Sa grande culture littérature avait fait que rien d’humain ne lui était étranger, et beaucoup ont trouvé chez lui un soutien et une aide pour les décisions à prendre. 

 

« Jésus : le chemin, la vérité et la vie. »

 

C’est ce mystère que le Père Henrion a scruté par sa vie de religieux-prêtre et par sa prière. En effet, la prière avait pour lui une priorité absolue. 

D’aucuns de ses confrères se rappellent l’avoir visité dans la maison de retraite et avoir été accueilli par ces mots : 

« Bonjour, assieds-toi là, je termine encore la prière de vêpres. » Ce n’est qu’après avoir achevé sa prière par le signe de croix qu’il commença alors la conversation. 

 

A ses disciples, Jésus avait dit aussi : « Personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

 

C’était une affirmation mystérieuse, mais les apôtres l’ont compris ultérieurement. « Passer par Jésus, c’est participer à ce qu’il a vécu, participer aussi à sa Passion et à la Croix, pour pouvoir vivre en ressuscité auprès du Père. »

 

Ce mystère d’union, le Père Henrion l’a connu lui aussi. Il avait une santé fragile, et énumérait souvent toutes ses maladies et faiblesses. Mais il les supportait avec sagesse et courage. Et il s’informait toujours de la santé de ses confrères. 

 

Sans doute vivait-il ainsi en union avec ses confrères malades, et par là en union avec le Christ souffrant.  

 

La dévotion au Sacré-Cœur nous rappelle cette vérité que c’est par sa Passion, par sa mort, par l’ouverture de son Cœur que le Christ a sauvé le monde. 

 

Le Père Henrion était membre de la Congrégation religieuse des Prêtres du Sacré-Cœur et vivait la dévotion à ce Cœur aimant du Seigneur et soutenait toujours les œuvres et les missions de ses confrères. Il me rappelle ainsi notre fondateur, le Père Léon Dehon, ce prêtre exceptionnel de la fin du 19eet du début du 20esiècle, qui s’est beaucoup engagé auprès de la jeunesse et dans diverses œuvres pour aider les pauvres - à l’époque c’étaient surtout les ouvriers exploités et méprisés par un capitalisme sans valeurs humaines. Il a donc fondé un patronage pour les enfants et les jeunes de la rue, des cercles d’ouvriers et de patrons pour promouvoir la justice sociale, un quotidien pour mieux informer les gens. Juriste de formation, il a étudié et propagé la toute nouvelle doctrine sociale de l’Église des encycliques du pape Léon XIII. Avec la fondation d’un lycée, surtout pour ceux qui n’avaient pas les moyens de se former, il a fondé aussi sa Congrégation, en 1878, voici 140 ans. Une congrégation qui compte aujourd’hui plus de 2100 membres dans 40 pays du monde. 

 

Mais ce ne sont pas les œuvres qui sont le plus importants. Le Père Dehon savait bien que tous ses engagements : ses conférences, ses livres, ses cours, ses publications ne valaient rien, sans l’amour infini du Cœur de Jésus. « Dieu n’a que faire de notre savoir et de nos œuvres, s’il n’a pas notre cœur », aimait-il à répéter. Il a donc donné à Dieu son cœur, et il pouvait faire cette belle expérience dont parle aussi saint Paul dans sa Lettre aux Romains : « J’ai la certitude que ni la mort, ni la vie, ni les esprits, ni les puissances, ni le présent, ni l’avenir, ni aucune créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur. »

 

Comme disciple du Père Dehon et de sa dévotion au Sacré-Cœur, le Père Henrion a lui aussi donné son cœur et sa vie au Seigneur, et il a fait la même expérience. 

 

Samedi après-midi, lorsque je lui ai rendu visite, il ne pouvait plus parler, même si par ces réactions je voyais qu’il était conscient et qu’il comprenait tout ce que je lui disais. En le quittant, je l’ai béni, et il a alors prononcé d’une voix forte un AMEN clair et convaincu. 

 

Puissions-nous aussi dire AMEN et accepter la bénédiction et l’amour que Dieu témoigne à chacun de nous. Puissions-nous accueillir de plus en plus l’Évangile du Christ et recevoir ce sacré cœur dont nous avons besoin pour rencontrer le monde, avec ses joies et ses souffrances, avec ses problèmes et ses espérances. Nous remarquerons alors : OUI, c’est Jésus qui est le vrai chemin. Et le suivre, c’est trouver la vie. 

 

Seigneur, doux et humble de cœur, fais que notre cœur ressemble de plus en plus au tien, et qu’un jour tu nous accueilles tous dans la demeure que tu nous as préparée. AMEN. 

 

P. Jean-Jacques Flammang SCJ

 

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