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Le grain qui pousse tout seul

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Sint Unum n. 279                                                                      Prier les paraboles

LE GRAIN QUI POUSSE TOUT SEUL

« Moi, j’ai planté, mais c’est Dieu qui donnait la croissance » (1 Co 3, 6)

 

Au chapitre 4, versets 26 à 29 de son évangile, saint Marc parle d’un semeur qui, après avoir ensemencé son champ, attend que le grain semé grandisse jusqu’à la maturation des épis.

Mais qu’il ne se fasse pas de souci ! Il lui est seulement demandé de semer, puis d’attendre en toute confiance le fruit de son travail. Sa joie sera de constater que la graine pousse toute seule : un phénomène bien mystérieux mais très réel. Parce qu’il s’agit d’une semence vivante.

En parlant du Règne de Dieu à partir des paraboles, nous avons l’habitude de mettre l’accent sur le « nous », parce qu’en tant que terrain, nous sommes portés à nous considérer comme les premiers protagonistes. Tandis que le premier protagoniste, c’est la graine. Sans elle, le terrain même le plus fertile ne produirait rien. La graine est à la première place : et cela nous signifie la primauté de Dieu et de sa grâce.

Pourtant la parabole n’entend pas du tout nous inviter à la paresse, à la négligence : mais bien à la confiance, à faire crédit à Dieu, à lui laisser place dans notre vie, à miser sur sa Parole. « Accueille en toi sa Parole : elle deviendra l’arbre de la vie ! »

Demandons de croire vraiment en Dieu, à la force de vie de sa Parole. Demandons des yeux pour voir les signes de la croissance du Royaume dans notre vie et autour de nous.

Nous voudrions avoir ton regard, Seigneur, pour apercevoir, en dessous de la croûte aride de notre terre, la graine du Royaume qui vit, qui germe et grandit. Nous sommes tellement habitués à ne voir que les apparences, les détails en surface, et nous en tirons des élans d’enthousiasme ou des gelées de pessimisme.

Mais tu nous enseignes à ne pas en  rester aux évidences, à faire nôtre la certitude du semeur qui sait ce que les autres ne savent pas : ton Règne est bien présent au milieu de nous, caché, imperceptible à nos systèmes de sondage, mais pas à notre foi. Pénètre-nous de cette certitude, Seigneur ! Apprends-nous à être ni des optimistes ni des pessimistes, mais des disciples qui ont foi en la Parole : c’est Ta Parole, et elle fructifie de toute manière ! (Rattin P. Le livre de pèlerinage, p. 27).

Reste un instant en silence : Rends-toi attentif à la qualité de ta foi à l’égard de la Parole de Dieu. Crois-tu qu’elle est vivante, capable de grandir en toi et autour de toi. Puis prie ainsi :

Je rassemble tout le monde pour le porter à ton cœur, Seigneur Jésus, tout comme chaque jour je porte à toi mon cœur. Accorde-moi une fidélité qui soit amour, une attente qui soit amour, et aussi une persévérance et une fatigue qui soient amour. Amen !

L’ÉCOUTE  de  la  PAROLE

« La semence germe et pousse » (Mc 4, 27)

La courte parabole du grain qui pousse de par sa propre force est fascinante. Il suffit d’une petite graine vivante pour que tout advienne selon le dynamisme de la croissance. Celui qui l’a semée peut dormir ou rester éveillé, spontanément la graine germe, il ne sait pas comment.

Tout comme la graine, silencieusement, de même le Règne de Dieu croît sur notre terre. Il y faut du temps, mais ce n’est pas une attente vide. C’est au moment favorable, au jour du salut qu’advient la croissance du Royaume (cf. 2 Co 6, 1-2).

Qu’il suffise de laisser un peu de place à la Parole, la garder en nous : elle œuvre pour réaliser le projet pour lequel Dieu nous l’a confiée. Mais souvent la Parole ne grandit que peu en nous, parce que nous ne lui faisons que peu de place. « Préserve en notre cœur la Parole, elle le transformera ! »

De l’Évangile selon saint Marc, ch. 4, vv. 26-29 :

Jésus disait : Il en est du Royaume de Dieu comme d’un homme qui aurait jeté du grain en terre : qu’il dorme ou qu’il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment.

D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, puis plein de blé dans l’épi. Et quand le fruit s’y prête, aussitôt il y met la faucille, parce que la moisson est à point.

Dans le recueillement d’une prière qui est adoration, laisse la Parole pénétrer en toi…

. Vivante, en effet, est la Parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants. Elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des moelles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur. Aussi n’y a-t-il pas de créature qui reste invisible devant elle, mais tout est à nu et découvert aux yeux de Celui à qui nous devons rendre compte (He 4, 12-13).

. De même que la pluie et la neige descendent des cieux et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer pour fournir la semence au semeur et le pain à manger,

ainsi en est-il de la Parole qui sort de ma bouche : elle ne revient pas vers moi sans effet, sans avoir accompli ce que j’ai voulu et réalisé l’objet de ma mission (Is 55, 10-11).

. La Sagesse fait son propre éloge, au milieu de son peuple elle montre sa fierté : Je suis issue de la bouche du Très-Haut… J’ai grandi comme le cèdre du Liban, comme les plants de roses de Jéricho, comme un olivier magnifique dans la plaine, j’ai grandi comme un platane. Je suis comme une vigne aux pampres gracieux, et mes fleurs sont des produits de gloire et de richesse. Alors le Créateur de l’univers m’a donné un ordre, celui qui m’a créée m’a fait dresser une tente. Il m’a dit : Installe-toi en Jacob, en Israël reçois ton héritage. (Si 24, 1sq).

Relis la Parole de Dieu. Demande de comprendre le mystère de la graine qui pousse toute seule, de par la puissance qu’elle porte en elle.

Puis fais les cinq temps de prière à partir de cinq paroles de la Bible. Après chacune de ces paroles, médite en silence pendant quelques instants, ou si tu préfères, prie une dizaine de ton chapelet.

1. « Il disait : Il en est du Royaume de Dieu comme d’un homme qui aurait jeté du grain en terre ». Dieu ne cesse de répandre son amour sur notre terre : cet amour qui t’accompagne, toi et tout notre univers, d’une façon absolument gratuite. Penses-tu bien qu’aimer, c’est tout le mystère de Dieu, c’est ce qui Lui réussit le mieux ? Reconnais-tu que si nous vivons, c’est parce que nous sommes insérés dans ce grand dessein d’amour de Dieu ? Comment réponds-tu à cet immense acte de confiance et d’amour que Dieu t’a fait en t’accordant de vivre ?

2. « Qu’il dorme ou qu’il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, et ne sait comment ». Crois-tu que, quelle que soit ta vie présente, tout est grâce ? Que tout l’amour de Dieu te garde pour que tu puisses vivre dans la sérénité et dans la paix ? Es-tu profondément persuadé que quoi qu’il puisse t’arriver, tu es à l’abri, entre les mains de Dieu ? Sais-tu maintenir ta confiance, même quand tu ne constates pas les résultats de ton action, de ta prière, de ta vie de foi ?

3. « D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, puis plein de blé dans l’épi ». Tu es le terrain dans lequel la graine est semée : le laisses-tu grandir, ou l’étouffes-tu ? Considères-tu avec confiance l’œuvre de Dieu en toi, même si ses délais de croissance ne sont pas exactement les tiens ? Consens-tu aux « temps » de Dieu ? Ou au contraire mets-tu en avant ta hâte, la prétention de vouloir être toi-même l’unique protagoniste de ta vie ? Qu’en est-il de ton abandon entre les mains de Dieu ?

4. « Vivante est la Parole de Dieu, efficace, plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants : elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit… ». La Parole de Dieu est vivante : sais-tu la laisser parler en ton cœur ? Dieu te parle chaque jour : t’efforces-tu à discerner son intention d’amour et à la mettre en œuvre en une docilité humble et joyeuse ? Mises-tu sur cette Parole pour surmonter les doutes, les contradictions ?

5. « La Parole qui sort de ma bouche ne revient pas vers moi sans avoir accompli ce que j’ai voulu ». Es-tu bien persuadé que Dieu veut ton salut, et qu’il attend ta collaboration ? Quelle mission te confie-t-il ? Que penses-tu, que fais-tu pour répondre, selon ta capacité d’aimer, à son appel d’être signe de l’amour de Dieu pour chacun ? Acceptes-tu ta vocation, pries-tu pour la vocation d’autrui ?

Pour prolonger la RÉFLEXION…

Cette parabole est une histoire à trois temps : l’ensemencement, la croissance, la récolte.

Le premier temps est celui du paysan : il est important, mais il demande à être complété.

Puis vient le temps de la germination et de la croissance, c’est le plus long. C’est sur ce temps que la parabole insiste, parce que tout se produit en vertu de la force que la semence porte en elle.

Vient enfin la moisson, c’est le but recherché.

La parabole met en net contraste le temps du paysan, très court, aussi bien pour l’ensemencement que pour la moisson, et le temps de la croissance de la graine, long et mystérieux, car tout alors se passe dans le secret de la terre.

Ainsi en est-il du Règne : une incessante et prodigieuse action de Dieu, cachée et autonome. La parabole affirme l’absolue priorité de Dieu sur le monde : après la fatigue des semailles, il n’y a plus qu’à patienter et garder confiance. Ce n’est en rien une invitation à paresser, mais c’est un renversement de notre façon de voir la réalité et de lui donner valeur. Il y a toujours quelque chose qui grandit, par delà les apparences, quelque chose qui mérite confiance et qui nécessite une attente patiente afin que s’accomplisse l’œuvre de Dieu. La croissance exige un temps de patience ; la hâte et la précipitation souvent ruinent l’œuvre de Dieu.

INTERCESSION

La semence grandit, pour fournir du fruit pour le semeur et du pain à manger.

Nous voulons nous décider à répondre avec foi et humilité à la Parole de Dieu qui est semée en nous. Demandons à Dieu de nous aider à épandre sue le monde les dons de grâces qu’il nous a faits.

. Pour que nous sachions t’écouter quand tu nous parles : que ta Parole grandisse ne nous, Seigneur !

. Que nous sachions contempler le salut que tu opères parmi nous : que ta Parole grandisse en nous, Seigneur !

. Fais découvrir aux jeunes que tu es un Dieu proche, un Dieu présent à ce qu’ils vivent : que ta Parole grandisse en nous, Seigneur !

. Que les prêtres soient des messagers attentifs à annoncer ta Bonne Nouvelle en tous les milieux de vie : que ta Parole grandisse en nous, Seigneur !

. Accorde à nos familles de se savoir dépositaires de la Parole qui sauve : que ta Parole grandisse en nous, Seigneur !

. Que les personnes consacrées soient signe de ton amour qui appelle au service : que ta Parole grandisse en nous, Seigneur !

. Que chaque baptisé dispose son cœur à répondre aux attentes de Dieu : que ta Parole grandisse en nous, Seigneur !

Prolonge l’intercession par d’autres intentions…

Ô Jésus, Bon Pasteur, suscite en nos communautés des prêtres, des diacres, des religieuses et des religieux, des laïcs consacrés et des missionnaires : pour répondre aux besoins de ce monde que tu aimes et que tu veux sauver.

Donne-nous d’accueillir avec amour ton Esprit avec tous ses dons.

Assiste les prêtres, les personnes consacrées. Dirige les pas de ceux et celles qui, dociles à ton appel, se préparent à recevoir les Ordres sacrés ou à professer les conseils évangéliques.

Porte ton regard aimant sur de nombreux jeunes pour les appeler : aide-les à comprendre que c’est en toi seulement que l’on trouve la joie parfaite.

Visite nos familles, répands en elle le réconfort de ta Présence, la lumière de ta Parole, la force de tes sacrements.

Nous confions ces grandes attentes de ton Cœur à l’intercession de Marie, la Mère et le Modèle de toutes les vocations. Amen (d’après Jean-Paul II).

.  Termine cette heure de prière par le Notre Père

.  Au cours de ce mois, relis chaque jour, et médite en ton cœur une des phrases de la Bible présentées en ces pages.

Sint Unum.   Heure de prière pour les vocations.

Sacerdoti del s. Cuore,    Via Andolfato 1     20126  MILANO