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Prier avec les paraboles

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Prier avec les paraboles

Prier les paraboles                                                                 

 

LA PORTE FERMÉE

 

« Ouvrez-moi les portes de justice : j’entrerai, je rendrai grâce au Seigneur ! » (Ps 118, 19)

   La petite parabole de la « porte étroite », une porte qui ensuite devient la « porte fermée », est située au cours du voyage de Jésus vers Jérusalem, vers sa Pâque. Ainsi il nous instruit sur le salut, et il nous invite à le suivre.

« Quelqu’un lui demande : Seigneur, est-ce le petit nombre qui sera sauvé ? »,  et Jésus répond qu’il est nécessaire d’« entrer par la porte étroite ». « Jésus se sert d’une image extrêmement parlante : la porte est étroite, elle reste ouverte pour un temps très court, et beaucoup de monde s’y engouffre. Il faut donc se presser, s’y engager sans trop d’hésitations, comme en une compétition ou quand en pleine cohue on veut gagner une place » (B. Maggioni). Pour tous, pour chacun, l’accomplissement consistera dans la participation à sa mort-résurrection, le repas de noces auquel il importe de participer.

Jésus se fait pressant pour qui n’en est pas persuadé : c’est pourquoi il utilise un langage direct, presque dur. Il faut entrer ! Là où l’enjeu est le salut, on ne peut rester à perdre son temps. « Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie ?» (Mt 16, 26).

Seigneur Jésus, tu es le chemin qui conduit à la vie : car tu es Chemin, Vérité et Vie. Personne ne vient au Père si ce n’est par toi.

Tu es la porte du salut : si quelqu’un entre par toi, il sera sauvé. Tu es venu pour que nous ayons la vie, et la vie en abondance (Jn 14, 6 ; 10, 9 -10).

Comment pourrions-nous ne pas désirer entrer avec toi au banquet des noces du Royaume, être près de toi, être ton disciple ? Alors abandonnons les œuvres des ténèbres, pour être revêtus de la vie divine. Désirons participer au festin que tu nous offres.

Affermis notre cœur pour qu’il ne soit pas porté à troquer la plénitude du Royaume contre les médiocres satisfactions de ce monde.

Veille à nos côtés, toi qui es notre Gardien et notre Pasteur : pour que nous ne chancelions pas, que nous ne partions pas par d’autres sentiers mais que nous te suivions, toi seul, toi qui es Chemin, Vérité et Vie. Amen.

   Près de nous il y a Jésus, le gardien et le pasteur de notre vie. Prie-le, qu’il t’aide à rester soucieux de vivre la vocation qu’il t’a donnée. Puis continue :

   Rassure mon âme, toi qui es le seul à pouvoir le faire. Guide-moi par le juste chemin, toi qui es le seul à le connaître. Rends-moi désireux du salut, toi qui es le seul à pouvoir me le donner. Donne-moi de te suivre avec joie, toi qui es l’unique porte qui ouvre sur la vraie vie. Amen.

 

L’ÉCOUTE de la PAROLE

   « Moi, je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé » (Jn 10, 9)

 Jésus appelle « étroite » la porte de la vie : pour souligner que le salut est une affaire qui ne va de soi pour personne. Chacun doit le prendre à cœur, et d’une façon active, et adaptée, loin de se contenter d’en parler.

   Les verbes qu’emploie l’évangéliste sont très parlants : s’efforcer, affronter, entrer. Et à un certain moment la porte étroite devient porte fermée : il importe d’arriver avant la fermeture.

    Que la porte soit étroite ne veut pas dire que les élus seront peu nombreux. Simplement, il faut se dépêcher, et se donner de la peine pour entrer. Ou on sacrifie tout le superflu, ou on n’entre pas. Ou on consent à faire des choix qualifiés, ou on n’arrive à rien.

Le péché, le mal sont un encombrement tellement lourds qu’ils empêchent d’entrer.

 

De l’Évangile selon saint Luc, chapitre 13, versets 22 à 30 :

Jésus cheminait par villes et villages, enseignant et faisant route vers Jérusalem.

Quelqu’un lui dit : « Seigneur, est-ce le petit nombre qui sera sauvé ? ». Il leur dit : « Luttez pour entrer par la porte étroite, car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne le pourront pas.

  Dès que le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte, et que, restés debout, vous vous serez mis à frapper à la porte en disant : ‘Seigneur, ouvre-nous’, il vous répondra : ‘Je ne sais d’où vous êtes’. Alors vous vous mettrez à dire : ‘Nous avons mangé et bu devant toi, tu as enseigné sur nos places’. Mais il vous répondra : ‘Je ne sais d’où vous êtes : éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice’.

   Là seront les pleurs et les grincements de dents, lorsque vous verrez Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes dans le Royaume de Dieu, et vous, jetés dehors. Et l’on viendra du levant et du couchant, du nord et du midi, prendre place au festin dans le Royaume de Dieu.

Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et il y a des premiers qui seront derniers ».

En priant en silence, dans l’adoration, laisse la Parole entrer en ton cœur…

* Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s’y engagent. Mais étroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent.

 * Vois, je te propose aujourd’hui vie et bonheur, mort et malheur. Si tu écoutes les commandements du Seigneur ton Dieu, que je te prescris aujourd’hui, et que aimes le Seigneur ton Dieu, que tu marches dans ses voies, que tu gardes ses commandements, ses lois et ses coutumes, tu vivras et tu multiplieras. Le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays où tu entres pour en prendre possession (Dt 30, 15 - 16).

 * Le chemin des pécheurs est bien pavé, mais il aboutit au gouffre de l’enfer. Celui qui observe la Loi contrôle son penchant, la perfection de la crainte du Seigneur, c’est la sagesse. Tel ne peut rien apprendre, faute de dons naturels, mais il est des dons qui engendrent l’amertume » (Si 21, 10 - 12).

Relis ces passages de la Bible. C’est Jésus qui te parle, il te demande de t’efforcer d’entrer par la porte étroite. Pour toi, qu’est-ce que cela signifie ? Qu’est-ce qui t’empêche d’y entrer ?

Puis fais les cinq temps de prière à partir de cinq paroles de la Bible. Garde un temps de silence après chaque parole, ou prie une dizaine de ton  chapelet.

 1. « Jésus cheminait par villes et villages, enseignant et faisant route vers Jérusalem ». Te rends-tu compte qu’aujourd’hui encore Jésus est près de toi, qu’il te parle de sa Pâque dont dépend ton salut ? L’écoutes-tu volontiers ? Comprends-tu l’exemple que Jésus donne, en offrant sa vie aussi pour toi ? Il te parle de conversion, il te propose d’être en communion avec lui, parce qu’il veut ton plein bonheur…   

 2. « Seigneur, est-ce le petit nombre qui sera sauvé ? »  C’est une question cruciale. T’arrive-t-il de te la poser quelquefois ? Jésus répond en racontant la parabole de la porte étroite. Saint Paul affirme que « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2, 4). Le veux-tu toi aussi ? Sais-tu lui faire confiance ? Désires-tu marcher à sa suite pour être libéré de tes péchés ?

 3. « Luttez pour entrer par la porte étroite : car beaucoup chercheront à entrer et ne pourront pas ». Es-tu convaincu qu’accueillir le salut dépend de toi ? Te préoccupes-tu de suivre Jésus, en écoutant sa parole et en la mettant en pratique ? Fais-tu tout le possible pour ne pas gaspiller les occasions qu’il t’offre ? Es-tu surpris, si Jésus dit que « beaucoup chercheront à entrer », quand en regardant autour de nous il semble au contraire que beaucoup s’en  désintéressent ? Mais le Royaume de Dieu est ouvert pour tous : le veux-tu ?

 4. « Quand le maître aura fermé la porte, vous, restés dehors, vous frapperez en disant : ‘Seigneur, ouvre-nous !’ ». La vie humaine finit avec la mort. Alors on ne pourra plus « mériter », ou « choisir ». Saisis-tu qu’il est nécessaire de faire le bien maintenant, en ce temps présent ? Il ne suffit pas de se dire chrétien parce qu’on a reçu le baptême ou parce l’une ou l’autre fois on prie, on va à la messe… À partir de quoi Dieu me reconnaîtra-t-il pour son enfant ? La foi pénètre-t-elle toute ta vie, se concrétise-t-elle dans la charité et dans la justice ?

 5. « On viendra du levant et du couchant, du nord et du midi, prendre place au festin dans le Royaume de Dieu ». Dieu appelle tout le monde au festin de la vie éternelle. As-tu conscience d’être invité, et te préoccupes-tu d’y répondre ? Aides-tu les personnes qui te sont proches à vivre leur vie chrétienne selon leur propre vocation ? Agis-tu, pour que les jeunes aient la foi, pour qu’ils soient généreux dans le bien, qu’ils se consacrent aux grandes causes de la vie ? Es-tu intéressé à ce qu’il y ait de nouveaux missionnaires, de nouveaux prêtres, de nouvelles personnes consacrées ? Pries-tu à cette intention ?

 

Pour poursuivre la RÉFLEXION…

 

   Les disciples de Jésus écoutent et mettent en pratique sa Parole. Ils s’engagent pour la fraternité, pour la justice. Puisque c’est Lui qui est la Route, Lui qui est la Porte : en Lui tous reçoivent le salut. Dans son chemin vers la Jérusalem céleste il va à la rencontre de qui est nécessiteux. Il faut l’accueillir, se mettre à sa suite en faisant nôtre sa route, en passant p ar   la porte étroite qu’est sa mort et sa résurrection.

Elle est étroite, cette porte, parce que la nature humaine répugne à être purifiée, à être libérée du mal, à consentir à la conversion. Jésus ne laisse pas de place aux illusions. Les liens de parenté, les traditions, les titres d’études : tout cela ne compte pas. Ni le baptême, ni la messe, ne sont billet d’entrée gratuite.

La porte est fermée, devant celui qui se vante d’être chrétien sans faire les œuvres de la justice ; elle est ouverte pour qui est disposé à se repentir du mal et est décidé à vivre l’Évangile.

 

INTERCESSION : « Ne ferme pas ta porte, Seigneur, même si j’arrive en retard » (liturgie ambrosienne)

 

  Combien il importe de prier pour tous, spécialement pour ceux et celles qui ont perdu la route de la foi ; de prier pour la persévérance de ceux et celles qui sont appelés, et pour les nouvelles vocations. Qu’au don de Dieu corresponde notre réponse !

Que ton Église soit fidèle à sa mission : Accorde-nous de persévérer dans la foi !

Accorde à chaque communauté chrétienne de t’adorer avec la simplicité des « petits » : Accorde-nous de persévérer dans la foi !

Que les personnes consacrées sachent témoigner que l’amour de Dieu renouvelle le sens de la vie : Accorde-nous de persévérer dans la foi !

Que les jeunes suivent Jésus selon la radicalité de l’Évangile : Accorde-nous de persévérer dans la foi !

Pour que les époux collaborent à la construction de ton Règne d’amour : Accorde-nous de persévérer dans la foi !

Soutiens le courage des cœurs qui sont tentés de se désengager : Accorde-nous de persévérer dans la foi !

Que s’éveillent de nouveaux ouvriers pour l’Évangile : Accorde-nous de persévérer dans la foi !

(Poursuis l’intercession par d’autres intentions…)

Père, la porte de ta maison est étroite, petite, à la mesure d’un petit enfant. Mais Jésus n’a-t-il pas dit : « Si vous ne devenez pas comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume ». Aide-nous à laisser tomber les choses encombrantes, les attaches exagérées, pour nous en remettre à ta bonté : comme un enfant se confie aux bras de son père.

La porte est étroite, mais elle est ouverte. Ouverte pour chacun de nous, aujourd’hui : parce que c’est dès maintenant que commence le salut ! Et c’est un monde plus beau, il abonde de constructeurs de paix, d’hommes et de femmes au cœur pur, à l’exemple du Cœur de ton Fils ; des hommes et des femmes qui vivent selon l’Évangile. C’est la porte qui ouvre vers un monde différent, où tu te réjouis de voir que nous sommes devenus des frères.

La porte est ouverte pour qui vient du levant et du couchant : donne-nous des ouvriers pour la moisson, qu’à tous les peuples ils annoncent ton amour, ton salut. Alors nous nous trouverons tous réunis, des personnes qui t’ont accueilli par mille chemins différents : parce que Dieu ne se mérite pas, on l’accueille.

Le salut, c’est de t’accueillir en nous, te laisser transformer nos pensées, nos émotions, nos gestes, nos paroles. Tu nous donnes tes yeux de bonté, tu nous tiens sur ton Cœur.

Dieu de la miséricorde, apprends-nous les gestes de miséricorde. Dieu de l’accueil, apprends-nous les gestes de l’accueil et de la communion. Amen.

. Achève cette heure de prière par le Notre Père

 

. Au cours de ce mois, chaque jour relis l’une ou l’autre des phrases de la Bible présentées sur ces pages, garde-la en ton cœur.

 

 

 

Sint unum Heure de prière pour les vocations.

    Sacerdoti del s. Cuore, Via Andolfato 1, 20126 Milano

 

 

 

 

LA TOUR et  LE ROI :  S’ASSEOIR pour CALCULER

 

« Maintenant nous mettons tout notre cœur à te suivre, à te craindre et à rechercher ta face » (Dn 3, 41)

 

  Les deux paraboles, la tour et le roi, sont encadrées par deux affirmations par lesquelles Jésus précise les conditions pour être ses disciples. Ce sont donc des paraboles de grande actualité.

   Si quelqu’un veut construire une tour, il commence par vérifier s’il est dans les conditions de le faire, il en calcule la dépense et les disponibilités.

   De même pour le roi qui veut se défendre contre un autre roi : il réfléchit bien à ce qu’il lui convient de faire ; sinon, il risque la défaite, il gaspille son argent et il se met lui-même en danger.

  Devenir disciples, c’est vraiment une affaire sérieuse, précisément parce que c’est fascinant et parce que cela dépasse nos forces humaines. Pour Jésus, la condition préalable, c’est de « laisser tout, pour être mon disciple ». C’est-à-dire aimer Dieu par-dessus tout, comme Jésus le fait lui-même. « Une décision qui exige prise de conscience et réflexion, et même la prudence du calcul… pour trouver les façons de ne pas fuir la logique de la Croix, mais de la vivre jusque dans l’extrême de ses conséquences » (B. Maggioni).

   Voir les choses de cette manière : il y a de quoi rester effrayé : être chrétien, cela vaut-il la peine ? Et le devenir, sera-ce jamais possible ? La réponse, nous la recevons en contemplant Jésus ressuscité et en accueillant son amour. Oui, nous pouvons bien devenir comme lui, si nous le suivons avec et avec amour.

 

   Seigneur Jésus, lorsque tu nous demandes d’avoir la foi, tu le fais en nous regardant dans les yeux, comme avec Simon Pierre, avec Lévi appelé Mathieu, avec Saul de Tarse.

    Eux, et tant d’autres après eux, ils t’ont dit oui, en laissant tout pour te suivre. Ils se sont sentis aimés, et c’est pour cela qu’ils sont parvenus à t’aimer par-dessus tout. Comme Paul qui s’écrie : Il m’a aimé, il s’est livré pour moi !

    Nous sommes là, à te demander de nous donner de faire la même expérience. Déjà tu nous as appelés par le baptême, tu nous as renouvelé ton amour en te donnant à nous comme nourriture dans l’Eucharistie, et tu ne te lasses pas de vaincre notre péché par ton pardon.

  Mais notre cœur demeure quelque peu incertain, nous avons besoin de faire encore l’expérience de ton amour, personnellement, et d’une façon unique. Accomplis ce miracle par ton Esprit d’amour.

 

   Arrête-toi quelques instants, que pénètre en toi le cri de Paul : Il m’a aimé, il a donné sa vie pour moi ! (Ga 2, 20). Puis continue ainsi :

 

   Seigneur Jésus, bien faible est ma foi, mais bien fort est ton amour. Tu peux faire de moi un vrai disciple. Je le désire, et je me rends disponible pour qu’il en soit vraiment ainsi. Amen.

 

 

L’ÉCOUTE de la PAROLE

 

« Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose pas en toi »   (saint Augustin)

 

   Si pour aller jusqu’au bout de la construction d’une tour, il faut une certaine quantité de briques, pour suivre Jésus il faut se détacher de tout. Il nous le dit lui-même, au verset 33 : « Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut pas être mon disciple ».

   Cette exigence essentielle de la condition de disciple, est-elle bien claire pour moi ? Jésus est-il pour moi le trésor des trésors ? Si oui, alors tout le reste sera possible. Les saints l’ont cru. Avec joie François d’Assise a vécu la pauvreté, Thérèse de Calcutta le service des plus nécessiteux, Jeanne Beretta Molla le sacrifice d’elle-même pour ses enfants, le Père Pio le renoncement pour se faire tout à tous.

Si Jésus est vraiment notre tout, alors sa force devient notre force. Paul en a fait l’expérience, au point de s’écrier : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Cor 12, 10). Peut-être devrais-je vraiment revoir où se trouve le point focal de ma foi ?

 

De l’Évangile selon saint Luc, chapitre 14, versets 25 à 35 :   

 

Des foules nombreuses faisaient route avec Jésus, et se retournant il leur dit : Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas derrière moi ne peut être mon disciple.

Qui de vous en effet, s’il veut bâtir une tour, ne commence pas par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? De peur que, s’il pose les fondations et ne peut achever, tous ceux qui le verront ne se mettent à se moquer de lui, en disant : Voilà un homme qui a commencé de bâtir et il n’a pu achever ! Ou encore quel est le roi qui, partant faire la guerre à un autre roi, ne commencera par s’asseoir pour examiner s’il est capable, avec dix mille hommes, de se porter à la rencontre de celui qui marche contre lui avec vingt mille ? Sinon, alors que l’autre est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple.

C’est donc une bonne chose que le sel. Mais si même le sel vient à s’affadir, avec quoi l’assaisonnera-t-on ? Il n’est bon ni pour la terre ni pour le fumier : on le jette dehors. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !

 

Dans le silence, en une prière d’adoration, nourris-toi de cette Parole…

 

* « Je suis crucifié avec le Christ, et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi. Je n’annule donc pas le don de Dieu » Ga 2, 19 – 20)

 

* « L’amour du Christ nous possède. Il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour tous. Ainsi donc, désormais nous ne connaissons personne selon la chair. Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une créature nouvelle : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là » (2 Cor 5, 14 - 17)

 

* « Mais tous ces avantages dont j’étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ. Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, et d’être trouvé en lui, et le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection » (Ph 3, 7 - 11).

 

Arrête-toi sur ces passages de la Bible. Jésus t’invite à prendre du temps pour examiner ta vie : dans quelle mesure et comment tu es son disciple ? Puis fais les cinq temps de prière à partir de cinq paroles de la Bible. Après chacune de ces paroles reste à méditer en silence, ou prie une dizaine de ton chapelet. 

 

1. « Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple ». Comment Jésus peut-il dire de telles choses ? Est-ce qu’il annulerait le commandement de l’amour, qui est au cœur de l’Évangile ? La réponse est simple : seulement celui qui se fait son disciple aimera comme lui aime ! Comprends-tu alors pourquoi Jésus te demande de le mettre à la première place ? Avant le père, la mère, avant même la propre vie. En faisant ainsi, tu seras capable d’aimer vraiment. Es-tu d’accord ?

 

2. « Qui, s’il veut bâtir une tour, ne commence pas par calculer la dépense ? ». Désires-tu te construire toi-même selon la stature de Jésus ? Le comprends-tu : ce ne sont pas les choses que tu as, ou les émotions que tu éprouves, qui te font grandir, mais c’est de mettre tes pas dans les siens ? Qu’est-ce qui l’emporte, en toi : te divertir jusqu’à saturation, ou la quantité de choses à faire, l’envie de faire tant d’expériences…, ou l’exigence de grandir en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes ? Te donnes-tu des temps de réflexion qui puissent t’affermir en ce sens ?

 

3. «  Quel est le roi qui, partant en guerre, ne commence par s’asseoir pour examiner s’il peut affronter celui qui marche contre lui ? ». Tes projets, comment se présentent-ils ? Inconsistants, irréalisables, théoriques seulement, ou négatifs ? Ou concrets et utiles, selon les valeurs humaines et chrétiennes ? Quel homme, quelle femme veux-tu devenir ? Selon quelles valeurs ?  Recherches-tu, chaque jour, la vocation que Dieu a conçue pour toi ?

 

4. « Celui qui ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple ». Veux-tu être le disciple de Jésus ? As-tu compris quelque chose de la grandeur de son projet pour toi ? Celui qui a découvert un trésor renonce à toutes les autres babioles. Où est l’or de l’amour, la perle précieuse de la foi ? Celui qui est amoureux parvient à se donner pleinement, il n’épouse  que ce qu’il aime ! À toi est donc adressée l’invitation de Jésus à renoncer à tout ce qui n’est pas Lui.

 

5. « Le sel est une bonne chose. Mais s’il vient à s’affadir, avec quoi l’assaisonnera-t-on ? ». En toi, y a-t-il la saveur de la vie, de l’amour, de la joie que Jésus donne ? Ou risques-tu de devenir insipide, distrait, sans valeurs ? As-tu l’ambition d’une vie grande, bâtie sur de vraies valeurs ? Jésus t’invite à écouter sa Parole, il désire que le projet de sa résurrection devienne réalité en toi. C’est cela, la vocation chrétienne. Prie pour comprendre, pour que les jeunes écoutent l’Évangile, pour que l’Église encourage toutes les vocations.

 

Si tu veux poursuivre la RÉFLEXION…

 

   Elles sont trois, les exigences exprimées par Jésus pour devenir ses disciples : ° Il passe avant les membres de la famille (se détacher pour adhérer à l’Évangile) ; ° il vient avant la réalisation de soi-même (prendre la croix veut dire assumer son projet de salut) ; ° il vient avant tous les biens (renoncer aux biens propres, aux choses humaines).

   Trois exigences : non pas pour faire mourir la vie, mais pour la faire vivre selon Dieu.

   Intervient donc là le projet de Dieu, un projet vraiment grand, de la grandeur même de Dieu lui-même. Devenir disciples de Jésus porte à cette authentique réalisation de soi, pour que nous devenions « semblables à Lui, le Premier ressuscité », dans la plénitude de la gloire. Il ne s’agit pas de choisir le renoncement, mais d’aimer la Vie, qui illumine le pourquoi du renoncement. Il ne s’agit pas de renoncer à aimer, mais d’épouser Dieu, en qui tout amour se concentre et se réalise. Jésus nous demande de mettre à la première place l’amour pour Dieu, et, à sa lumière et avec sa force, de vivre tout autre amour.

 

INTERCESSION : « Qui me suit… aura la lumière de la vie » (Jn 8, 12)

 

Jésus nous aide à purifier nos affections, nos liens et à élever les motivations de notre amour selon l’amour de Dieu. Demandons-lui d’être ses vrais disciples pour mettre en pratique l’Évangile et que chaque chrétien soit « sel authentique » qui donne saveur à l’Église et à la société.

 

. Pour que l’Église écoute et annonce avec joie la Parole qui sauve :

Seigneur, donne-nous la lumière et la force pour te suivre !

. Que les personnes consacrées communiquent la joie de vivre selon Dieu :  

Seigneur, donne-nous la lumière et la force pour te suivre !

. Préserve les jeunes de gaspiller leur jeunesse dans de faux idéaux :  

Seigneur, donne-nous la lumière et la force pour te suivre !

. Accorde à nos familles de vivre un amour vrai, quotidien et fidèle :  

Seigneur, donne-nous la lumière et la force pour te suivre !

. Que les prêtres soient des messagers de ton Évangile en tous les milieux :  

Seigneur, donne-nous la lumière et la force pour te suivre !

. Que l’humanité ne se laisse pas séduire par des choix mesquins et égoïstes :  

Seigneur, donne-nous la lumière et la force pour te suivre !

. Soutiens tous ceux qui souffrent du mépris, de la discrimination :  

Seigneur, donne-nous la lumière et la force pour te suivre !

. Suscite de nouveaux ouvriers pour ta moisson :

Seigneur, donne-nous la lumière et la force pour te suivre !

    (Propose d’autres intentions…)

 

Jésus, nous te confions chaque baptisé, pour qu’il te suive en maintenant vive la saveur de la foi et l’intégralité de l’amour. Nous te confions nos paroisses, qu’elles soient des communautés vivantes, où la prière et la vie liturgique, l’écoute attentive et fidèle de ta Parole, la charité généreuse et féconde, deviennent le terrain favorable pour la naissance et la croissance de nombreuses vocations.

Bénis nos catéchistes : que guidés par les évêques et les prêtres ils sachent conduire ceux qui leur sont confiés à découvrir le sens authentique de la vie chrétienne comme vocation ; afin qu’attentifs à ta voix, ils te suivent généreusement.

Bénis les personnes consacrées, les missionnaires, les chrétiens qui souffrent persécution à cause de leur foi : que leur fidélité soit signe de ta présence qui sauve.

Vierge Marie, Reine des Apôtres, bénis les jeunes ; fais-les participer à ton écoute docile de la voix de Dieu, aide-les à prononcer comme toi le oui généreux et entier au mystère d’amour et d’élection auquel le Seigneur les appelle. Amen (cf. Jean-Paul II, 1991).

 

. Termine cette heure de prière par le Notre Père

. Pendant ce mois, chaque jour relis et garde en ton cœur l’une ou l’autre des phrases bibliques présentées dans ces feuilles.

 

Sint Unum - Heure de prière pour les vocations

Sacerdoti del s. Cuore  Via Andolfato 1

20126  Milano

Trad. André Perroux scj