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Prier avec les paraboles: Les Vignerons homicides

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Prier avec les paraboles: Les Vignerons homicides

 LES VIGNERONS HOMICIDES

 

   « Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau plantureux… » (Is 5, 1)

 

   Jésus dénonce l’incapacité d’Israël à accepter les prophètes, à se convertir et à collaborer au projet de Dieu. Incapacité qui va même jusqu’à rejeter le Fils.

   Nous sommes à Jérusalem, aux derniers jours de la vie terrestre de Jésus. La rupture entre lui et les représentants du judaïsme devient dramatique, au point qu’ils en viennent à vouloir l’éliminer par la mort.

   La parabole doit être lue à la lumière de ce qu’affirme Isaïe : « Que je chante pour mon ami, le chant du bien-aimé et de sa vigne : Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau plantureux. Il y retourna la terre, enleva les pierres, et installa un plant de choix. Au milieu il bâtit une tour et il creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, il n’en eut que de mauvais… Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ?... » Is 5, 1 - 4). 

   Dieu : il attendait - et il attend encore aujourd’hui - l’observance de la Loi, la cohérence de la foi, la mise en pratique de l’amour. Et voici, c’est le refus, c’est la persécution et la mise à mort des prophètes. Tel sera aussi le sort du Fils, Jésus, et de beaucoup de ses disciples, jusqu’à aujourd’hui.

   Pourquoi le cœur humain est-il aussi dur, aussi égoïste, aussi fermé à la reconnaissance ? Pourquoi ne sait-il pas accueillir le projet de Dieu, et collaborer de sorte que ce projet devienne joie et salut pour l’humanité entière ?

 

  Père saint, tu es le vigneron céleste. Nous voulons chanter ton incompréhensible amour pour la vigne que tu as plantée de ta main, et que tu as confiée aux soins de serviteurs qui bien vite se sont révélés infidèles.

  Nous voulons chanter l’amour qui t’a poussé à envoyer ton Fils, l’Unique-Engendré, le Bien-Aimé. Il était juste, bon et doux : ils le virent, et ils en conçurent de l’aversion. Cette vendange eut lieu en cette saison de grâce ! Il a été jeté lui-même au pressoir, il a été écrasé comme du raisin mûr pour que soit pleine la coupe du repas pascal.

Et nous tous, nous étions là, ignorants et complices en même temps, tandis qu’il mourait pour nous, répandant jusqu’à la dernière goutte de son sang d’Homme-Dieu.

   Père, quel amour infini t’a poussé à donner ton Fils, le Très Aimé, comme le prix le plus précieux du rachat pour cette vigne, l’aimée infidèle ? Quelle folie d’amour te porte aujourd’hui encore à livrer ton Fils entre nos mains qui, tu le sais, sont portées à tant de violence et de profanation ! 

 

    Prends un peu de temps pour contempler le grand mystère d’amour qu’est la venue de Jésus, le Verbe de Dieu, dans notre chair.

 

   Père, donne-nous de devenir cette vigne qui fasse tes délices : des sarments féconds toujours unis au cep. Pour qu’à la vendange finale nous soyons trouvés chargés des lourdes grappes que tu comptes recueillir, afin de préparer le vin nouveau de la cène pascale du Royaume des cieux (A.M. Canopi)

 

 

 

 

L’ÉCOUTE de la PAROLE : « Nuit et jour je garde ma vigne, de peur qu’on y fasse irruption » (cf. Is 27, 3).

 

    Dieu compare ses interventions au cours de l’histoire de son peuple aux attentions que l’agriculteur a pour sa vigne. Non seulement cette vigne, il la plante et en prend soin, mais il désire voir les fruits de cette attention aimante, il envoie ses serviteurs, ce sont les prophètes, et finalement il envoie son Fils lui-même.

   Il ne se lasse pas de nous aimer, de nous aimer nous les humains, même quand nous, de notre côté, nous nous lassons de l’aimer Lui. Il y a un crescendo d’amour en Dieu.

   Nous sommes appelés à nous émerveiller, à nous laisser émouvoir et surprendre devant cet amour plein d’attention et de constance : de la mort de son Fils il fait jaillir la vie, des ténèbres il fait se lever la lumière, du péché il fait naître la sainteté et de la haine il fait triompher l’amour.

 

De l’évangile selon saint Marc, chapitre 12, versets 1 à 12 :

 

   Jésus se mit à leur parler en paraboles : Un homme a planté une vigne, l’a entourée d’une clôture, il a creusé une cuve et il a bâti une tour ; puis il l’a donnée en fermage à des vignerons et il est parti.

   Le moment venu, il a envoyé un serviteur aux vignerons pour recevoir d’eux sa part des fruits de la vigne. Les vignerons l’ont saisi, roué de coups et renvoyé les mains vides. Il leur a envoyé encore un autre serviteur ; celui-là aussi, ils l’ont frappé à la tête et insulté. Il en a envoyé un autre, celui-là ils l’ont tué, puis beaucoup d’autres : ils ont roué de coups les uns et tué les autres.

   Il ne lui restait plus que son fils bien-aimé. Il l’a envoyé en dernier vers eux en disant : ‘Ils respecteront mon fils’. Mais ces vignerons se sont dit entre eux : ‘C’est l’héritier, Venez ! Tuons-le, et nous aurons l’héritage’. Ils l’ont saisi, tué et jeté hors de la vigne.

   Que fera le maître de la vigne ? Il viendra, il fera périr les vignerons et confiera la vigne à d’autres.

   N’avez-vous pas lu cette parole de l’Écriture : ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire. C’est là l’œuvre du Seigneur, quelle merveille à nos yeux !’ 

   Ils cherchaient à l’arrêter, mais ils eurent peur de la foule. Ils avaient bien compris que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole. Et le laissant, ils s’en allèrent.

 

En silence d’adoration, laisse cette parabole te parler au cœur.

 

. Que je chante pour mon ami le chant du bien-aimé et de sa vigne. Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau plantureux. Il y retourna la terre, enleva les pierres, et installa un plant de choix. Au milieu il planta une tour, et il creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins ; il n’en eut que de mauvais…

Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? J’en attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle produit de mauvais ? Eh bien, je vais vous apprendre ce que je vais faire à ma vigne : enlever la haie pour qu’elle soit dévorée, faire une brèche dans le mur pour qu’elle soit piétinée. J’en ferai une pente désolée… (Is 5, 1 - 6).

 

. Vous courriez bien ; qui, en vous barrant la route, empêche la vérité de vous entraîner ? (Ga 5, 7).

 

   Lentement relis ces passages de la Parole de Dieu. Demande à l’Esprit comment tu peux humblement travailler à la vigne du Seigneur. Puis fais les cinq moments de prière à partir d’une parole de la Bible. Après chaque parole médite un instant en silence, ou prie une dizaine de ton chapelet.

 

1. « Un homme a planté une vigne, … il l’a donna en fermage à des vignerons ; au moment venu il envoya un serviteur pour recevoir d’eux sa part des fruits de la vigne ». Es-tu conscient qu’en créant le monde Dieu a mis toute chose entre nos mains ? Il a tout confié à nos soins. C’est donc justice, que nous lui réservions sa « part des fruits », c’est-à-dire la reconnaissance, la louange, le respect, une distribution juste des biens pour qu’à personne il ne manque le nécessaire pour vivre : est-ce ton avis, ou penses-tu le contraire ?  

2. « Ils ont saisi le serviteur, roué de coups, et renvoyé les mains vides. Il en envoya un autre, ils l’ont tué ». C’est ainsi que Jésus résume dramatiquement l’histoire du salut. Mais pourquoi ces serviteurs ont-ils refusé, roué de coups, tué ? D’où vient ce cœur endurci et mauvais ? Et toi, es-tu reconnaissant pour les innombrables dons reçus, es-tu capable de partager et de collaborer pour le bien de l’Église et des pauvres ?

3. « Il ne lui restait plus que son fils bien-aimé. Il l’a envoyé en disant : ils respecteront mon fils ». Ce fils bien-aimé, c’est Jésus. Sais-tu te réjouir et remercier le Père qui continuellement nous le donne ? Ou es-tu sans réaction, dur à l’égard de Dieu ? Quel « respect » as-tu pour Jésus : sais-tu l’écouter volontiers, l’accueillir dans les sacrements ? Reçois-tu son invitation à la conversion pour collaborer à l’Évangile ?

4. « Mais ces vignerons se sont dit ensemble : tuons-le, et nous aurons l’héritage ! » Pour notre bien, Jésus n’a pas reculé, même pas devant la mort. Quels sont tes sentiments, quand tu lis le récit de sa passion, de sa mort ? Réalises-tu qu’il est mort pour toi, pour que tu sois libéré de la mort éternelle et que tu deviennes enfant de Dieu ? Voilà son véritable héritage : sais-tu l’en remercier ? Sais-tu le faire connaître à ceux qui te sont proches ? Le manque de reconnaissance cause la perte du don de la vigne !

5. « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire ». Quel regard portes-tu sur Jésus, qui meurt sur la croix pour notre salut ? Sais-tu contempler là l’une des plus grandes merveilles de l’amour de Dieu pour toi ? Désires-tu répondre en retour à cet amour ? Et par conséquent, comment vis-tu la vocation chrétienne que tu as reçue ? Aides-tu tes proches à vivre eux aussi leur vocation? Prie pour les vocations, et collabore à leur croissance.

 

Pour prolonger la RÉFLEXION…

   La vigne du Seigneur, c’est son peuple, l’humanité entière. Il nous la confie sans cesse : il nous confie sa Parole, son Église, la création, l’humanité d’aujourd’hui. Il nous confie les uns aux autres…

  Une vigne dont il faut prendre soin : pour qu’elle produise le vin, symbole de joie, expression de l’alliance d’amour de Dieu avec nous. Il nous laisse à notre liberté, à notre responsabilité ; mais sans cesse sa discrète vigilance nous interpelle. Nous sommes les « serviteurs » de la vigne que le Seigneur visite à travers les événements, les personnes, l’Évangile, les sacrements…

  Comment, combien de fois ces passages du Seigneur deviennent pour nous stimulants positifs, comment orientent-ils notre liberté vers le bien ? Nous pouvons au contraire les voir comme des obstacles et les refuser. Mais le véritable disciple sait reconnaître les sages et amoureuses invitations de la volonté de Dieu, pour y adhérer avec abandon pour le bien et la joie de tous.

 

INTERCESSION : « Interviens, Seigneur, pour la vigne que tu as plantée par ta droite » (Ps 80,16)

 

« Le Seigneur restaure sa vigne », dit le prophète Nahum (cf. 2, 3). Dieu veille pour que l’Église accomplisse l’œuvre de l’Évangile. Prions pour que chaque baptisé désire correspondre à Dieu, qu’il cherche son visage et grandisse dans la disponibilité à vivre la vocation qu’il a reçue.

 

. Père, tu as voulu faire de nous ton Peuple : donne-nous de travailler avec joie à ta vigne !

. Que les prêtres, que les personnes consacrées témoignent de ton amour miséricordieux : donne-nous de travailler avec joie à ta vigne !

. Que chaque baptisé corresponde à ton attente : donne-nous de travailler avec joie à ta vigne !

. Donne-nous de construire une société plus juste, plus accueillante : donne-nous de travailler avec joie à ta vigne !

. Accorde aux jeunes de faire l’expérience du Dieu qui prend soin d’eux : donne-nous de travailler avec joie à ta vigne !

. Que dans les difficultés de la vie les familles restent fortes dans la foi : donne-nous de travailler avec joie à ta vigne !

. Que les ouvriers, les pauvres, les malades voient reconnus leurs droits : donne-nous de travailler avec joie à ta vigne !

. Envoie de nouveaux ouvriers pour ta vigne : donne-nous de travailler avec joie à ta vigne !

 

   Père, tu es le Maître de la vigne, et dans ton projet d’amour tu appelles les humains à collaborer avec toi, afin de porter du fruit pour le monde. Regarde avec amour notre humanité encore tellement marquée par la haine, la violence, l’oppression.

Que la soif de justice, de vérité et de grâce trouve encore espace dans le cœur de qui attend le salut que tu as opéré par ton Fils Jésus. Nous avons besoin de messagers courageux de ton Évangile, de bons ouvriers pour ta vigne, de serviteurs généreux pour l’humanité qui souffre.

À ton Église envoie de saints prêtres, qu’ils sanctifient ton peuple dans ta grâce. Que de nombreuses personnes consacrées sachent témoigner de ta sainteté au sein du monde. Envoie à ta vigne de saints missionnaires, pour œuvre avec ardeur à la charité ; que poussés par l’Esprit, ils portent le salut réalisé en Christ jusqu’aux extrémités de la terre. Suscite des familles passionnées pour le bien et généreuses : qu’elles ne refusent pas le Seigneur, la Vérité et la Vie ! Par le Christ, ton Fils, notre Seigneur ! (Amen) (selon Jean-Paul II).

 

° Termine cette heure de prière par le Notre Père

° Pendant ce mois, relis chaque jour l’une ou l’autre des phrases bibliques de ces pages. Retiens-les dans ton cœur.

 

 

. Sint unum 313   Heure de prière pour les vocations

Sacerdoti del s. Cuore          

Via Andolfato 1                     

20 126  MILANO

Traduction: André Perroux scj

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